Spectacles
J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne
Note d’intention
Avec cette pièce, nous partons dans l’abîme où plonge l’homme qui attend. Seule action de la pièce, l’attente coupe ces cinq femmes de la réalité, ne pouvant alors se raccrocher
qu’à leurs souvenirs et espérances.
Elles se ressemblent toutes, « la première femme, la deuxième femme, la troisième femme, la quatrième et la cinquième, toutes semblables, toutes sensiblement du même
âge ».
Elles font un chœur, tour à tour chacune prend le coryphée pour venir dire autrement ce que l’autre venait de déclamer.
Ce sont les Erinyes régnant sur l’Erèbe, Cérès qui cherche et souffre, ou encore Sisyphe, condamné à faire rouler éternellement sa pierre.
C’est une réexposition permanente de l’attente, les mots y sont envisagés comme des coups de gomme cherchant à effacer, rectifier en vain l’indélébile croquis initial.
Les corps se mettent en scène, préparent le retour, se tendent vers l’extérieur, dansent et dansent encore jusqu’à l’épuisement…l’abandon.
Les mots, les corps tentent de s’évader d’un espace étouffé, pollué par le quotidien. Le pathétique devient poésie, un chant de détresse …une mélodie des sous-entendus.