Nous sommes beaucoup plus que ce que l’imagerie quotidienne
(télévision, cinéma, magasine...) ne nous laisse voir. On ne cesse
de nous affirmer que nous sommes stéréotypés et conditionnés.
Mais nous sommes plus complexes, plus fous, fouillis, bordéliques,
assurément plus.
Il faut donc essayer de trouver les moyens de montrer notre richesse,
de représenter l’humain. C’est ce que je cherche au théâtre et
c’est pour cela que les interprètes sont au coeur de notre démarche
et de nos créations.
Nous sommes constitués de plusieurs couches, plusieurs épaisseurs
: un instant est multiple. Il est fait simultanément de ce
que je pense, ce que je dis, fais, vois, désire… : assis sur un banc
je mange, un accident de poussette à côté, le téléphone sonne, la
conversation d’hier me poursuit, une sirène de pompier… non, de
police, un homme sur le trottoir continue de s’énerver, mon ventre
me démange, mon envie de…
Je voudrais parvenir à représenter scéniquement cette diversité,
cette épaisseur de l’humain et du monde. Je ne veux pas résumer.
Nous travaillons depuis plusieurs années sur ce
que l’on pourrait appeler une forme concert du
théâtre ; elle permet une relation singulière aux
spectateurs et travaille sur les lisières, les frontières
entre personnage et interprète, jeu et non
jeu pour mettre en place une autre narration.
Nous mettons en place avec les quatre interprètes
un jeu sans historique, sans chronologie, pour
cette forme concert.