Nous sommes partis de la pièce de Pauline Sales : Il aurait suffi que tu sois mon frère, forme brève qui met en scène, dans le parloir d’une prison, la visite d’une collégienne à son camarade de classe, organisateur des viols en réunion dont elle a été victime.
Nous avons cherché à prolonger le thème avec un témoignage de Samira Bellil. Cette jeune femme, morte en 2004, a été cofondatrice du mouvement Ni putes, ni soumises. Dans son livre, Dans l’enfer des tournantes, elle fait le récit de sa vie.
Nous avons aussi voulu élargir le propos en faisant entendre d’une part, une voix masculine, d’autre part des témoignages de femmes de divers milieux et générations.
Tout en voulant rester fidèles à nos exigences artistiques, nous assumons le caractère pédagogique et militant de ce spectacle et espérons que l’émotion ouvrira à une sensibilisation, donnera envie de lutter pour une juste cause. Ce à quoi, parfois, l’art théâtral peut, à sa façon spécifique, contribuer.
Jacques Kraemer