Ce sont les paroles de rescapés du génocide rwandais recueillies par Jean Hatzfeld pendant une longue période qui font oeuvre.
J’ai choisi les deux derniers textes, celui de Sylvie Umubyeyi, assistante sociale et celui de Claudine Kayitesi, agricultrice.
La façon dont ces deux femmes prennent la parole est quelque chose d’inhabituel, c’est-à-dire une formidable réflexion qui avance “à découvert”, une émotion sans sentimentalité
et, au creux de certaines phrases, la gaieté.
Rien ne se situe là où on s’attendrait à le trouver - l’horreur, la description, la plainte, les larmes. Non. Peut-être le théâtre peut-il accueillir cela mieux que toute autre
forme.
Isabelle Lafon