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Ici

de Pauline Sales

mise en scène Jean-Marc Bourg

 
 

Présentation

Comment dire la réalité d’une relation, d’une vie, d’un événement lorsqu’elle est vécue de façon contradictoire ? Deux textes courts commandés à deux écrivains complices, deux versions d’une même histoire, celle d’un couple, version de la femme écrite par Pauline Sales, version de l’homme écrite par David Lescot.


Deux versions… Qu’est-ce qui fait qu’une histoire nécessite deux versions ? Pourquoi les versions des hommes et des femmes diffèrent-elles tellement ? Est-ce un stéréotype, la pensée masculine, la pensée féminine ? Bien sûr que c’en est un et pourtant non. N’est-ce pas une nouvelle donnée aujourd’hui de multiplier les points de vue comme si la vérité d’un acte, d’une parole ne pouvait jamais s’attraper et était perpétuellement à relativiser, à replacer dans un contexte ?
Les questions d’aujourd’hui autour du texte à venir. Et puis il y a les cafés avec David. Les idées lancées. Des visions d’homme, de femme, d’appartement, de dégradation.
Ça travaille, ça macère.
Bientôt le temps de la matière, de l’écriture, des mots. Pour l’instant comment en dire plus ?

Pauline Sales, février 2006


Intention… L’écriture contemporaine, globalement, se diffuse mal.
Elle effraie encore, et bizarrement, beaucoup plus les programmateurs que le public. Mais le résultat est là. En dehors des obligatoires exceptions qui confirmeront toujours la règle (en ce qui nous concerne il s’agit de Pas bouger d’Emmanuel Darley qui a atteint 117 représentations) le théâtre d’aujourd’hui a souvent du mal à rencontrer ses contemporains. Sans parler des enclavements régionaux.
Que faire ? Que faire lorsque cette situation ne parvient pas à nous satisfaire ?

Nous rêvons un théâtre mobile : fait de peu. Coûtant peu.
Peu, c’est à dire l’essentiel, ce sans quoi il n’y aurait pas théâtre : des mots (commande d’écriture), deux acteurs (le dialogue comme origine du théâtre), un décor aussi, c’est à dire la toile sans quoi pas de peinture, le geste (minimum) par lequel le théâtre transporte sa maison, son abri, ne se résolvant pas à une vie de bernard-l’hermite, s’invitant chez autrui.

Pour résumer, deux acteurs (un homme une femme) transporteront dans leur voiture ce qu’ils appelleront leur décor. Ils s’installeront parfois dans une école, une salle des fêtes, un appartement, parfois même (pourquoi pas) dans un hall de théâtre. (Ils éviteront simplement, autant que faire se peut, les plateaux, lieux pour le coup de trop grande aisance). Avec eux de quoi éclairer, ampoule ou autre bricole lumineuse. Ils rencontreront des associations, des structures de peu d’importance, comme eux. Ils se sentiront à l’aise dans ces endroits-là.
Les acteurs seront dépositaires de leurs rôles ; ils pourront, en cas d’empêchement forcé, les louer à d’autres acteurs, ponctuellement, ou non.
Ainsi le spectacle changera-t-il sans doute, au gré des corps et des voix qui s’en empareront.

Jean-Marc Bourg, automne 2005