theatre-contemporain.net, tout le theatre sur le net

 
vous êtes ici : Accueil Spectacles Hany Ramzy, le joueur En savoir plus
 
 

Les origines du texte

L’origine exacte de ce texte est un atelier d’écriture mené par Jean Marie Piemme au festival d’écriture contemporaine « La mousson d’été ».
Cette pièce part d’un fait-divers authentique paru dans le quotidien Le Monde il y a six ou sept années.

Hany Ramzy, jeune joueur de football africain, est acheminé de son continent vers l’Europe où il doit jouer pour un club allemand.
Lors de son arrivée en Allemagne, à l’instant de saluer la foule et les reporters qui l’attendent, il fait le salut hitlérien.
Il déclarera ensuite :
« Je n’étais pas conscient de ce que ce geste signifiait ».

L’étrangeté de ce geste et de la situation engendrée m’ont immédiatement séduit.
Je me suis alors mis à travailler, écrivant d’abord sur l’arrivée du footballeur en Allemagne.
Je n’avais pas de présupposé politique ou poétique de base.
Non, la nature de cet événement « extraordinaire » m’amenait à écrire.

C’est petit à petit que mon attention s’est dirigée vers les problématiques de l’héritage nazi en Allemagne, du retour en force du nationalisme en Occident, et surtout de la place de l’africain, de l’étranger, dans nos sociétés.

Cela correspondait également à mon arrivée sur Paris et à la découverte d’une mégapole et de sa banlieue.

Sont également apparus à ce moment là dans la presse des articles sur le transfert de jeunes footballeurs noirs :
Ces jeunes africains moyennant une modeste somme d’argent étaient achetés par des clubs occidentaux.
Ils étaient ensuite formés pendant deux ou trois années.
S’ils n’atteignaient pas le niveau souhaité, ils étaient renvoyés du centre de formation.
Ils se retrouvaient sans argent, sans papier, loin de chez eux avec un rêve brisé.

Il me semble intéressant dans une époque où le mot tolérance règne en maître, où l’on dit africain du nord au lieu d’Arabe pour paraître plus propre, d’ouvrir un espace de débat sur la place de l’africain dans nos sociétés occidentales.

Nous blancs, sommes encore porteurs de l’héritage colonialiste et de l’asservissement de l’africain.
Un héritage aussi fort ne s’en va pas avec de bonnes intentions.
Il ne suffit pas de penser le noir est l’égal du blanc.
Notre société traduit quotidiennement le contraire.
Les formes ont changé, c’est tout.

Qui peuple les prisons majoritairement en France ?
Qui enferme t’on ?
De quelle couleur sont majoritairement les condamnés à mort nord-américain ?
Qui travaille au « noir » ou pour peu d’argent ?

Les noirs pour les blancs sont intéressants quand ils servent avant tout leurs intérêts patriotiques et de divertissement (équipe de France de football, chanteurs de music-hall et stars de cinéma).

Quel est ce mensonge d’intégration auquel on veut nous faire croire quand on nomme un ministre africain aux anciens combattants ou un arabe à un poste clef d’un parti politique ?
On le fait par démagogie, pour des raisons électorales.
Le symbole est l’outil de mensonge le plus efficace des gouvernants actuels. Il nie la réalité et la vérité.

Il y a un président qui ne l’était pas encore qui disait que l’africain dégageait de mauvaises odeurs et qu’il faisait du bruit.
Le même qui est maintenant président a fait de l’africain un atout pour sa réélection.

Le nouveau premier ministre français se met même à citer Martin Luther King pour galvaniser la population.
Communication.

Comment l’africain peut il préserver son identité au sein de nos sociétés ? Comment peut il lourd d’un héritage lié à son oppression, sa colonisation par le blanc, vivre dans ce monde en rêvant au « bien être » occidentale, sans devenir schizophrène ?
La volonté de se libérer s’exprime actuellement par des accidents, des événements, pour combien de temps ?