theatre-contemporain.net

 
vous êtes ici : Accueil Spectacles Guten Tag, Ich heisse Hans Présentation
Partager ce spectacle » 
 
 
 

Présentation

VORWAERTS, LA RESSOURCE DE CRÉATION

Comment ne pas se rappeler les célèbres formulations allemandes telles que la présentation de Hans « Guten Tag, ich heisse Hans, Hans Schaudi », les cris de Lieselotte dans une forêt du Franken « Oh, es blitzt ! Ich habe Angst ! » ou encore les mots de Frau Schaudi dans le camping Müller « Hier gibt es so viele Pilze. Essen wir Pilze, ja ? »? Issues de la fameuse méthode d’apprentissage de l’allemand Vorwärts International, ces répliques ont marqué durant plus d’une décennie un bon nombre d’écoliers de Suisse romande et d’ailleurs (France, Angleterre, Brésil, Etats-Unis, etc.) L’histoire de la famille Schaudi est désormais ancrée dans les esprits et ceci pour l’ensemble d’une génération aujourd’hui trentenaire.

Sise dans le charmant petit village de Cadolzburg en ancienne Bundesrepublik d’Allemagne, les Schaudi sont le symbole d’une famille unie et idéale. Heinrich, le père, a une bonne situation en tant que directeur d’une caisse d’épargne (Sparkassenleiter), Liesl est représentée comme une mère au foyer exemplaire, Hans incarne le fils modèle dans lequel chacun a de quoi en prendre de la graine : l’air angélique, l’éternel sourire aux lèvres, la frange bien coiffée et le polo saillant propre à une jeunesse sportive et stylée, et enfin Lieselotte, jeune fille raisonnable et dévouée, la petite protégée de la famille durant le séjour de ses parents aux Etats-Unis.

Le théâtre Extrapol, poursuivant sa quête de ressources de création inusitées, s’insinue dans cette méthode scolaire et fait de sa machinerie pédagogique si fastidieuse un matériel jouissif qui dicte la ligne esthétique de son travail de création. Diapositives, pancartes grises et bleues, musique champêtre et sourire plaqué, la mise en scène de Laure Donzé prolonge le trait bon enfant du Vorwaerts et plastifie la gentille famille Schaudi dans deux dimensions crispées qui évoquent un univers de mauvaise bande dessinée. Incorrect est aussi le langage utilisé par les protagonistes de Guten Tag, ich heisse Hans. Tantôt dans un Allemand désuet, tantôt dans un Français qui ressemble à la traduction d’un mauvais élève, les personnages s’efforcent de perpétuer le modèle ouest allemand qu’ils croient absolu, mais qui se révèle, à mesure que la pièce évolue, complètement inadapté, cassé, une impasse. Plutôt qu’une raillerie simpliste d’une époque révolue, le Théâtre Extrapol met le doigt sur une tendance très actuelle à propager une imagerie populaire modèle à des fins politiques, une image ici sans Est ni faille, là sans chômage ni immigration.


LE RÉCIT

Guten Tag, ich heisse Hans retrace les péripéties d’une famille proprette, les Schaudi, sélectionnée par on ne sait qui pour donner de l’espoir au peuple désabusé. Pour accomplir sa mission, la famille crée des Vorstellungen – présentations – qui témoignent d’un bonheur construit à force de Schnitzel et de gentilles promenades en forêt. Mais le fils Hans ne tolère pas que son père Heinrich lui impose pour seul ami le fils du droguiste de Cadolzburg. Hans a treize ans, l’âge des bagarres dans la cour de récréation, pas celui d’écouter les statistiques sur la bourse de Francfort énumérées par un gamin fluet et boutonneux. Il tente alors, avec Lieselotte, de fomenter une rébellion contre le style de vie prescrit par son père et relayé au moyen de chiffons et de détergents par sa mère Liesl. Hans parviendra-t-il, sans trop se mouiller quand même, à retoucher l’image d’une famille parfaite et à transmettre des valeurs qu’il juge révolutionnaires, où l’inspecteur Derrick arrêterait tous les méchants et où chacun sur la terre aurait droit à une part égale de choucroute ?


CRÉATION ET REPRISE

Guten Tag, ich heisse Hans a été présenté vingt fois, dont trois supplémentaires, entre août et octobre 2005. Créé au Café du Soleil à Saignelégier, exporté à Porrentruy, Delémont, Moutier, St-Imier, Neuchâtel et Vevey, le spectacle a affiché complet dans toutes les salles et a été vu par 2600 spectateurs. En avril 2006, un extrait a été présenté aux soirées de gala des ATP de Thoune, où Guten tag ich heisse Hans s’est vu décerné le Prix Innovation 2006.

Désireux d’établir des ponts entre le Jura et le reste de la Romandie, le Théâtre Extrapol organise une reprise de ce spectacle entre octobre et décembre 2006.