Gênes 01 et Peanuts, deux pièces engagées et percutantes de Fausto Paravidino, élèvent une voix singulière et rare dans le théâtre contemporain : une
conscience politique en prise avec son temps, traduite par une écriture originale et tenue.
Très différentes, les deux pièces présentées sont des variations sur le thème de l’engagement et du non-engagement, avec en contre-point la menace de la répression policière. Sur
une toile de fond de bande-dessinée, Fausto Paravidino dessine avec humour dans Peanuts l’absence de conscience politique et morale d’une certaine jeunesse italienne
plutôt aisée, et dans Gênes 01, il relate, à la manière brute d’un reportage documentaire, les manifestations altermondialistes lors du sommet du G8, au cours desquelles
Carlo Giuliani a été abattu par la police.
Evitant toute forme de discours, Paravidino, dans une langue théâtrale puissante, montre des tragédies à l’oeuvre. Les personnages, dans Peanuts, ou les voix, dans
Gênes 01, sont des figures d’aujourd’hui. Ces évènements passés, présents ou à venir font partie du monde dans lequel nous vivons et au sein duquel nous nous devons de
rester en alerte.
Entre agit-prop et BD, Fausto Paravidino sculpte ses pièces avec l’insolence du touche-à-tout effrontément doué.
Au coeur des deux pièces présentées ici, les événements tragiques du sommet de Gênes en 2001. L’auteur dessine deux visions de la tragédie en travaillant sur deux formes
complémentaires.
Gênes 01, théâtre proche du documentaire réquisitoire à la Michael Moore, met en scène le sommet du G8 qui se solda par l’assassinat d’un jeune manifestant, Carlo
Giuliani.
Peanuts est une fiction tragi-comique conçue à partir des principes de la planche de bande dessinée : de courtes saynètes aux motifs implacables. Cette pièce met en
lumière l'absence de conscience politique d'une partie de notre société, préoccupée majoritairement par la consommation.
S.N.