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Foley

de Michael West

mise en scène Laurent Hatat

 
 

Présentation

L’histoire

Foley nous met en scène de façon désopilante et touchante une histoire d’héritage, celle de George Foley, ultime rejeton de l’une des rares familles protestantes de la République d’Irlande. Situation que le héros définit lui-même comme « le point final d’une évolution historique et sociale ».

Pris en étau entre la culture dominante catholique, à laquelle sa propre femme appartient et le protestantisme quasi aristocratique de sa famille, Foley nous livre une parole désillusionnée : le cynisme et l’hypocrisie de part et d’autre sont mis au grand jour.
Foley, pour notre plus grand plaisir, lave son linge en public ! Au moment où il tente, tardivement, de trouver sa place d’homme adulte, il prend conscience qu’un héritage se compose non pas tant de choses qui nous reviennent, mais de celles dont on ne peut se débarrasser.

Portée par une parole vivifiante, souvent drôle, la pièce dresse un portrait inédit d’une minorité sur le déclin : la haute bourgeoisie terrienne irlandaise.
Ce seront les humeurs et les aigreurs de l’Irlande à travers le discours iconoclaste d’un fils de bonne famille. Sûrement aussi la résurgence de quelques fantômes celtiques.
Un humour donc et une légère désespérance qui sonnent familiers. Une odeur de décadence à la Oscar Wilde plane sur cette adresse au public.


Note d’intention – Laurent Hatat, mise en scène

Foley n’est pas un inconnu. Nous l’avons traqué jusque dans ses derniers retranchements. Nous l’avons vu prendre chair : son humour, son cynisme, son désespoir, sa folie menaçante nous guident à travers les paysages changeants de l’Irlande contemporaine.

Les instants d’un spectacle à venir se laissent déjà deviner : Imaginez le fil des images, pinceau subjectif que nous posons sur les petites choses de la vie d’un homme, il se déroule le temps du récit. Imaginez la grâce juvénile des mouvements de Lisa, elle passe comme une ombre troublante. Imaginez enfin la voix grave, envoûtante de Loïc, elle fait vibrer les motifs entrelacés de la mémoire de George Foley.

Tout se meut dans une douceur océanique et une précision picturale. La vraie violence peut se faire sentir : dans la vie, on n’a pas toujours le choix.
Foley ne nous est décidément pas inconnu.


Note d’intention – Lisa Fuchs, danse

Dans Foley, la danse est étroitement liée au texte et au sens qu’il véhicule.
Loin d’un intermède abstrait venant entrecouper la pièce, elle est au contraire en constante interaction avec le comédien. La danseuse est en fait un «personnage qui danse», un personnage muet qui s’exprime au travers de son propre langage.

Ce personnage, ambigu et multiple, revêt plusieurs visages et incarne successivement Béa, la petite sœur mystérieuse et malicieuse, Centaure un cheval fantastique ou encore Angela une petite fille qui suscita chez le jeune garçon un amour quasi mystique.
Leur point commun constitue leur appartenance au monde immatériel du rêve, ou du phantasme… domaine de prédilection pour la danse.

La juxtaposition de la danse au récit de George Foley offre également une autre perspective : elle appose un «Autre Monde » plus souterrain, inconscient, celui de la folie qui le guette …
La Mort n’est pas très loin. Sa personnification au travers de la danse permet de symboliser l’ultime combat de George Foley contre lui-même, contre sa propre perte.


Note d’intention – Mylène Benoit, images

Foley est un récit dense, qui s'organise en cercles et en images mentales : une errance sans carte, dont les tracés s’apparentent aux interminables méandres et chevauchements de lignes dans les enluminures du livre de Kells.
J'ai cherché une forme unique et autonome, qui n'empièterait pas sur la production d’images-visions du texte.
La vidéo apporte un espace figuratif simple, qui produit à la fois du lieu et de la durée pour le parcours mnésique du personnage. Une figuration de l'espace mental de Foley, mais aussi toute une variété de logements, de recoins, de profondeurs, de rythmes, de cycles et de strates, qui proposent des scénographies, des lieux où se nicher, se rencogner...
Un espace suffisamment ouvert et souple, oscillant entre abstraction pure et illustration littérale, susceptible de devenir une surface de projection pour l’imaginaire du spectateur.


Note d’intention – Philippe Gordiani, création sonore

Dans notre tête, il y a des mélodies, des sons, des parcelles inconscientes de la mémoire.
Un jour, on redécouvre un morceau de musique ou on réentend un son et on se retrouve immédiatement dans un souvenir précis, dans une période de notre vie où on écoutait ce morceau ou ce son régulièrement. On a la sensation de retrouver aussi une partie de nos souvenirs avec plus de précision, comme des tableaux.
Un autre jour, on se retrouve seul dans la maison familiale de notre enfance, le grincement de l’escalier, le tic-tac de l’horloge de l’entrée, cette goutte ininterrompue dans l’évier de la salle de bain font revenir les voix, les mélodies du piano à queue du salon.
Ces mélodies, Foley s’en rappellera petit à petit. Elles feront danser les ombres, elles se mêleront au crépitement de la pluie sur la fenêtre de la cuisine, elles feront apparaître des images, mais elles resteront toujours de l’autre côté du souvenir comme de l’autre côté du mur qui séparait la chambre du salon.