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Notes de mise en scène

Pourquoi une nouvelle version du texte ?

La première version de Non si paga ! Non si paga ! date de 1974, née, comme souvent dans le théâtre de Dario Fo, de la retranscription d’enregistrements. C’est elle que publie « Dramaturgie » dans une traduction de Valeria Tasca et Toni Cecchinato et que met en scène Jacques Echantillon en 1980 au CDN de Montpellier-Languedoc-Roussillon. Mais il s’agit là du premier état du texte. Dario Fo, après cette date, ne cesse de reprendre la pièce. Ces différentes versions, enregistrées, puis synthétisées, ont conduit à l’élaboration d’un autre texte, publié par « Einaudi ». Nous nous sommes rapprochés de cette « version définitive », revue par Valeria Tasca, tout en décidant de resserrer parfois le texte pour le rendre encore plus percutant.

Une farce des temps modernes

C’est la seule de ses oeuvres que Dario Fo a intitulé « farce ». A la violence sociale – délocalisation des usines, chômage, faim, perte de logement – il veut répondre par un éclat de rire libérateur. Il fait front et nous demande de ne pas baisser la tête, de ne pas plier devant ce réel, qu’il tord devant nous, chauffe à blanc, pousse à bout. Violence et vitalité vont ici de pair. J’ai réuni des comédiens si talentueux et généreux pour cette « comédie italienne », ils retrouvent les voies d’un jeu ouvert sur le public, excessif et léger, aussi poétique que le récit du fabulateur.
La musique, composée par Georges Baux et Malik Richeux, interprétée par Fabrice Dang Van Nhan, guitariste, Laurent Guitton, tubiste, et Malik Richeux lui-même, au violon, souligne les différentes séquences du récit. Ce trio à cordes et à vent se trouve, dans un premier temps, dans la fosse, à la manière des orchestres de music-hall ou de « varietà ». Mais, dans le deuxième acte, il monte sur scène et rejoint la fiction, en s’intégrant à l’action.

Scénographie et costumes

Nous avons voulu avec le décorateur Pierre Heydorff rester dans ce récit fragmenté en séquences. L’appartement modeste d’Antonia et de Giovanni ne se compose pas d’une « seule pièce » : par un jeu de panneaux coulissants, il fait apparaître différents lieux. Et s’ouvrir sur le proscenium, pour que les acteurs puissent le plus possible jouer avec les spectateurs – et pas seulement pour eux. Les accessoires et les costumes, réalisés par Nathalie Prats, situent l’action dans les « années de plomb », années 70-80, sans chercher d’aucune manière à « actualiser » l’oeuvre. Car celle-ci est malheureusement trop actuelle.

Jacques Nichet