Imaginez qu'au cœur de l'hiver, lorsque chacun est au cœur de l'année et de soi-même, vous ayez l'occasion de conduire un projet artistique, qui consiste à se consacrer à la
création d'une nouvelle pièce destinée à des publics qui n'ont que trop rarement accès aux plaisirs du théâtre… Quoi de plus revigorant ! Surtout lorsque la pièce a été
commandée à l'un des écrivains de théâtre les plus doués de sa génération…
Décidément, c'est un privilège que d'avoir la charge artistique de l'équipe du Piccolo…
Jean-Claude Berutti
On aimerait se dire que, dans ce que l’on est, peu de choses sont déterminées.
Que l’on aurait été “soi“ quelque soit notre père, notre mère, notre époque, notre milieu, on aurait été soi.
À l’inverse, dans certains moments de sa vie, on s’excuse soi-même de n’être pas à la hauteur de ce qu’on aurait pu être, et les premiers responsables de ce gâchis sont
invariablement notre mère, notre père, notre milieu, notre époque.
La famille, celle dont on est issu et celle qu’on bâtit, les seuls à nous aimer pour ce que l’on est, les premiers à nous cadenasser dans des prisons sur mesure.
Ce serait un jeu pour mettre à l’épreuve “soi“ dans le cadre familial, Le grand mystère de l’inné et de l’acquis. Est-ce qu’on aurait pu être un autre ? Lequel aurait-on pu
être ?
Pauline Sales