Ex Onomachina, du grec onoma : le nom et du latin machina : la machine, pourrait se traduire par « issu de la machine à noms ».
C’est à partir d’une réflexion sur ce que nous avions à faire (quelle place pour la scène théâtrale dans l’espace collectif aujourd’hui? Où agir et comment?) que le projet -déjà intuitivement à l’œuvre depuis plusieurs années- de centrer notre recherche sur le rôle de « la langue » s’est progressivement affirmé.
Rechercher une vérité poétique de la langue, remettre en question la relation prioritairement fonctionnelle que l’on entretient avec elle, initier, à partir d’elle, une relation entre le spectateur et l’objet artistique qui soit d’abord sensible, privilégier le caractère incertain et ouvert du propos plutôt que sa clarté et son intelligibilité (Toute idée claire est une idée morte disait Artaud), sont autant de moyens de « perturber » la logique utilitariste d’une relation au monde, bâtit sur la domination de l’intelligence sur la sensibilité.