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Faire d’un des plus beaux romans, une fable théâtrale

Désert est plus qu’un roman. Ceux d’entre vous qui l’ont lu le savent bien. Le Clézio a écrit une épopée mythique. En fait cette histoire est celle d’une quête : la métaphore des voyages et exodes des hommes depuis que l’humanité existe. Une petite fille rêve d’un ailleurs : cet ailleurs tant désiré s’avère si difficile à vivre qu’elle décide de retrouver le lieu de sa naissance. Les rencontres de sa vie ressemblent aux moments initiatiques de chaque existence.

L'écriture de Le Clézio est dépouillée et simple comme le désert, avec des touches de poésie et de musique par delà les mots. Il nous livre ses émotions ressenties au contact des dures réalités de ce monde. Sa parole est douce et naïve comme celle d'un conteur qu’il sera possible d’adapter pour la mettre en voix par la bouche de cinq acteurs : une jeune fille, une femme, un étranger, un jeune berger et un vieillard. Ils prendront le spectateur par la main pour l'inviter dans son rêve, afin d'essayer d'apercevoir, tout au bout "la plus belle des lumières".

Nous travaillerons comme nous l’avons toujours fait, en construisant un théâtre poétique et onirique. Du décor émergeront arbres, villes, rencontres. Le ciel sera une toile d’images et de cauchemars de couleurs. Le monde, enfin, jaillira d’un sol de sable fin, les personnages seront tantôt de chairs, tantôt de rêves, sans qu’il soit bien possible de savoir s’ils ne sont pas l’inverse.

Cette histoire est un chemin fait des rencontres qui font d’une jeune fille une mère. La route commence au cœur d’une Afrique meurtrie et dévorante. Sur un sol de latérite, cet enfant grandit en jouant avec les doryphores. Un jour, il doit prendre un de ces cargos dont les cales sont pour certains des carrosses menant vers une terre de cocagne. Mais cette terre n’était bien sûr pas l’asile attendu.

Bruno Thircuir

10 janvier 2007