… Il y a curieusement dans l’écriture de Jon Fosse, qu’on pourrait trop hâtivement qualifier de “métaphysique” tant la fuite du temps, la vanité des choses, la fugacité des sentiments s’y font constamment sentir, une dimension extrêmement concrète. Au delà de l’angoisse propre à la condition humaine, il peint par touches légères, avec une exemplaire économie de moyens et des mots d’une irradiante poésie, quelque chose comme un état du siècle, un état du monde. Et nous lui sommes infiniment reconnaissants de cette approche sensible qui, entre onirisme et réalisme, loin de toute vérité assénée, nous permet de réfléchir aux temps de grands chambardements qui sont les nôtres.
René Loyon