Dans ces nouvelles récemment traduites sous le titre Histoires sentimentales sur un banc public, Hanokh Levin, avec l’écriture irrévérencieuse et libre qui lui est
propre, dessine comme dans ses comédies une figure de l’« homme sans qualité » : personnage velléitaire, anti-héros pris dans un désir farouche de vivre et une
incapacité à donner corps à ses plus folles envies, modeste par défaut, impuissant à l’excès.
Que ce soit la femme qui vacille jusqu’à redevenir une petite fille pleurnicharde et ingrate dans de véritables séances de postillonnage et de coups de pied au cul, ou l’homme
qui s’abîme dans la longue contemplation de l’arrière-train d’une femme endormie, « escarpé, majestueux et charnu », Levin nous montre des individus incapables de
concrétiser leurs aspirations. Et toute son écriture pourrait bien se prévaloir de cet aphorisme nietzschéen : « Qu’est-ce que l’homme ? Un éclat de rire ou
une honte qui fait mal ».
Production : Théâtre Nanterre-Amandiers