Le théâtre est un lieu d’expériences partagées. Quelque chose se doit d’advenir, là, ici, face à nous, entre nous.
Une matière s’échappe du livre. L’acteur est celui dont le travail consiste à reproduire des mouvements intérieurs pour les transmettre charnellement au public.
Littéralement, il donne corps aux mots.
Choisir la poésie comme échange, c'est aussi un engagement qui nous semble être un terrain à défendre aussi fermement que l'on défendrait un pays, une idéologie ou encore la
liberté.
Ce monde méconnu, oublié, de l'enfance est exploré ici, montrant l'enfant se constituer à travers des figures d'identifications, des refus, des transgressions, des grands
bonheurs pour devenir enfin par l'appropriation du langage un sujet autonome et libre.
Nathalie Sarraute pose son microscope sur cette part fragile de nos êtres pour que nous prenions le temps de nous reconnaître. Ne nous ressemblons-nous pas comme deux gouttes
d'eau, en fin de compte?
Restant au plus proche de l'écriture nous nous demanderons devant chaque poème quels moyens utiliser pour que le surgissement de la sensation advienne.
Nous travaillerons sur la trace, l'écho, la force d'images enfouies dialoguant tout au long des textes, avec la lumière, tel un film mouvant et prégnant.