Jour 1
Quelle riche idée d’avoir procédé en deux sessions de travail séparées d’un mois de maturation.
Cette idée a pleinement porté ses fruits.
Premier beau fruit, si je puis m’exprimer ainsi,-et je pense qu’il ne s’en offensera pas- : Mike, danseur et chorégraphe qui nous a rejoint pour l’aventure.
Nous avons commencer d’emblée en le jetant dans le bain à 12h jour 1. Première approche, première observation, bilan positif sur les bases de travail, la comédienne est dans son
corps c’est déjà une moitié de chemin déjà parcouru, reste à ancrer la mémoire du corps, du geste à créer un vivier gestuel, corporel assez dense pour pouvoir y piocher à l’envie
et au besoin, ce que nous faisons ensemble d’emblée quelques heures durant.
Deuxième fruit gorgé de soleil et d’optimisme, la prise en charge du texte et la couleur du jeu, évidemment ce deuxième fruit est jumelé au premier, corps et texte flirtent avec
sensualité dans une folie douce et amène une belle dimension étrange, hypnotique et tendre. Je me sens enfin présente et c’est un réel soulagement.
Il est très clair que cette évidence soudaine est née de ces tentatives ratées et là nous sommes en plein dans notre sujet «… plus j’échoue et fais d’erreurs dans les choses
immédiates mieux je vois l’avenir qui à été et revient toujours… » ou encore «… je veux commencer je veux recommencer ainsi je suis je puis à tout moment recommencer je recommence
et recommence c’est difficile mais je commence je commence de nouveau… ».
La partie musicale s’est très joliment et très justement étoffée de l’ambiance leitmotiv du spectacle, une composition qui escorte l’esprit vers une disponibilité à accueillir ces
mots, les laisser se poser doucement à l’endroit de l’abandon.
Jour 2
Il est très clair que l'évidence soudaine née de ces tentatives ratées et là nous sommes en plein dans notre sujet
«… plus j’échoue et fais d’erreurs dans les choses immédiates mieux je vois l’ avenir qui à été et revient toujours… »
ou encore
«… je veux commencer je veux recommencer ainsi je suis je puis à tout moment recommencer je recommence et recommence c’est difficile mais je commence je commence de nouveau… ».
Nous sommes tous très enthousiastes face à cette nouvelle direction que nous avons entr'aperçu dans la foulée sur quelques minutes de matière qu’il nous a donné à voir. Les jours
suivant servirons à confirmer ou infirmer cette ligne autant dire que la première solution me réjouirais mais ce n’est malheureusement du ressort d’aucun d’entre nous, «…écoutez
parfois ça marche parfois ça ne marche pas… ».
Enfin je n’ai qu’une chose à dire concernant ce « ça » là : pourvu que ça marche !
Jour 3
Il y a toujours une brèche et je crois que nous l’avons trouvé et nous y sommes engouffré avec ravissement. Et là dans le creux de ce no man’s land nous commençons à construire à une vitesse enivrante.
Le premier moment choral vient de se bâtir : danseur, chanteuse, vidéaste, guitariste et comédienne, porteurs de tous les sens, ensemble. Ce travail a évidemment commencé bien en amont par des tâtonnements timides et isolés, mais aujourd’hui en une très loooongue journée a émergé un tissage commun.
Ce jour 3 est la naissance du principe de lien invisible entre nous.
Une journée de débat, d’envols et de chutes pour trouver la simplicité complexe de ces moments là, ces moments où nos univers s’harmonisent pour laisser place à une seule et même voix.
Un beau mélange d’euphorie, de fatigue et de plaisir.
Ces instants sont magiques et éphémères cela m’est agréable de les pointer.
Demain le travail nous dégrisera et nous renverra à la terre ferme et son lot de réalité…jusqu’au prochain envol….
Jour 4
Après midi avec Mike sur le corps, des bleus se rajoutent à ceux déjà existants je comprends mieux les phrases du texte « mon corps se faisait bleu » ou encore « je
devenais bleu », il est vrai qu’avant le passage de Mike je me questionnais grandement sur le sens de ces mots à présent c’est tout à fait limpide !
Soir de tournage avec Benoît, je ne suis pas forcément des plus habituée à la caméra, j’aime le plateau, l’éphémère,ce qui se fixe me terrorise un peu, j’essaie de ne pas le faire
sentir et me mets au service des idées les plus farfelues possibles et inimaginables…
la bonne nouvelle est que je mange des fraises en pleine hiver, danse sur une musique sublime et embrasse tout se qui ressemble à une vitre , bref, le tournage est très ludique
tout en restant exigent, je me fais juste un peu violence pour regarder le résultat et finalement commence petit à petit à m’y faire à ce moi figé !
Il a été décidé (sous réserve de validation des images) que tout en respectant une ligne d’harmonie, la création vidéo de Benoît sera personnelle et tirée de son imaginaire face
au texte.
Décision qui nous permettra je l’espère d’apporter un autre angle de lecture du texte.
Retrouvez la suite du journal des répétitions sur le site de la pièce : www.empereurdeleperte.com/
Gaële Boghossian