Assis à sa table de travail, un écrivain tente d’écrire son autobiographie. Tout est prêt pour le récit de sa vie : crayon, gomme et papier, mais se trouve là aussi, tout à fait incongru, un « hérisson naïf et globuleux », qui ne va pas tarder à focaliser sur lui toute l’attention. Petit à petit, le narrateur s’éloigne de son projet initial et autobiographique et, cheminant à travers une multitude de digressions ne va plus s’intéresser qu’à un seul être : le hérisson. Au passage, il brûle dans la cheminée, les livres qu’il n’a pas souhaité publier.
Du hérisson est une boîte à outils, un art poétique où l’on trouve de tout, des armes, notamment, contre la médiocrité. Pas d’étalage de tripes, ni d’exhibition impudique ni de complaisance dans le récit pathétique du « vécu » de l’écrivain mais une évocation drôle et sensible qui ramène sans cesse au présent et à cette question lancinante : que reste-t’il de notre identité passée dans le moment présent ?
Dominique Frot, actrice et musicienne a choisi cette fable subtile sur l’ambiguïté de l’écriture, entre dissimulation et dévoilement. À ce texte à l’humour caustique et ravageur, elle a imaginé d’associer la musique d’Arnold Schoenberg. L’écrivain et le compositeur, chacun à leur manière, brisent le poids des traditions romanesques et musicales pour tenter de matérialiser leurs visions et de les transmettre en inventant de nouvelles formes.