Meilleur spectacle de l’année , PRIX UBU 2011
Spectacle en français et en italien surtitré en français
Il me revient en mémoire le calme après la tempête, le besoin de lucidité après la folie.
Après Questo buio feroce et La Menzogna, entre autres fracassants passages au Rond-Point, retour d’un enfant terrible et de sa bande d’illuminés. Au sein de la
troupe : des personnalités singulières, héros de la marginalité. « La compagnie, dit-il, c’est être ensemble. La première lutte, c’est de grandir ensemble, avec
des réalités humaines différentes ; c’est se confronter avec l’autre. » Au coeur du rite : le sacrifice des innocents, les dévastations des grandes batailles
des films de Kurosawa. Qu’il s’agisse de guerres et d’horreurs, le spectacle de ce génie vivant d’une scène foisonnante devient paradoxalement une fête, une célébration des
forces de vie.
Pina Bausch, Kantor, Fellini… Les maîtres de Delbono sont les créateurs singuliers d’espaces, de rythmes, de troupes. De familles à refaire le monde. Dans ses pièces : des
images, des scandales, des fulgurances. Mais aucun personnage, aucune parole narrative, aucune trame prévisible. Son projet : « Des couleurs, des voix, des
contradictions, des directions, des équilibres, des déséquilibres ; tout le temps, comme une composition musicale » dit-il. Le monde tel qu’il est : premier
sujet ; ses violences, ses cris, les humiliations des hommes et les gifles de l’Histoire. Pippo Delbono, chien fou de la scène internationale, mord aux chevilles tous
les colosses des pouvoirs politiques, religieux, tyranniques. Il dessine des espaces gigantesques pour un théâtre monstrueux. Après la bataille, c’est un champ de
ruines où Delbono danse avec ses créatures pour raconter à la fois les vanités inhumaines et les sacrifices humains de tous les conflits en cours.
Production : Emilia Romagna Teatro Fondazione
Coproduction Teatro di Roma, Théâtre de la Place, Théâtre du Rond-Point, TNB
© Lorenzo Porazzini