C’est une pièce coup de poing sur le quotidien de deux adolescents dans une ville de province. Les deux adolescents dont les pseudonymes sont Truie et Porc évoluent dans un monde de fiction qu’ils se sont inventés. La pièce est courte, incisive et dense : elle dure une heure. Elle s’adresse aux adolescents et aux adultes. C’est une création en Suisse dans une traduction originale.
La mise en scène met l’accent sur l’engagement corporel des comédiens et sur la musique comme pouls dramatique. L’univers sonore est modifié par les comédiens et un musicien durant les représentations. On utilise pour cela des capteurs placés sur le corps d’un comédien. Ces capteurs sans fil transmettent en temps réel des informations correspondants à ses mouvements. Les informations transmises permettent de construire l’univers sonore dans lequel évoluent les personnages.
L’utilisation du système qui permet de traiter les mouvements des comédiens et la musique en temps réel est relativement récent pour les arts du spectacle, particulièrement pour le théâtre. Elle ouvre des perspectives importantes quant aux possibilités de développement en représentation ; le comédien a un contrôle supplémentaire sur son propre instrument, le corps, et ici, sur la musique de scène.
Disco Pigs nous donne à voir l’humanité de deux jeunes en perte de repères, et qui tentent de devenir adultes sans renoncer au monde de l’enfance.
Deux adolescents fêtent leur dix-sept ans. Ils sont nés à quelques secondes d’intervalle dans la même ville. Ils ont grandi ensemble en se construisant un monde imaginaire exclusif. Ils sont les reine et roi de Pork-city. Ils s’appellent Truie et Porc. Mais ce sont une reine et un roi méchants, cruels même, avec les autres. Chaque événement est un prétexte pour se battre, pour boire ou se moquer des autres. Pour eux, tout est jeu, tout est cool. Dans leur monde, on parle un sabir fait d’onomatopées, de mots inventés, de jeux de mots et d’expressions détournées.
Truie et Porc improvisent une virée à deux pour fêter leur anniversaire. Ils passent de pubs en pubs, de provocation en provocation, avant de terminer leur folle nuit face à la mer.
Le lendemain, ils décident de fêter à nouveau leur anniversaire, mais la fête tourne au drame.
Deux axes essentiels de mon travail de création : plaisir du jeu ; produire du jeu.
C’est les années 90’, nous sommes à la fin d’un siècle. Nous sommes à Cork en Irlande. Mais cela pourrait être n’importe quelle ville de province. Deux adolescents vivent à fond dans un monde de fiction qu’ils ont imaginé. Ce sont deux adolescents comme on en voit partout. Jusqu’au moment où la réalité rattrape leur fiction.
Le dispositif scénique voulu est minimal et urbain : un caddie de supermarché (voiture, chariot, bus, etc.), quelques accessoires (bouteilles, paquets de chips, etc.). Sur le plateau, 6 petits containers de docks au couleur des façades de Cork. Les containers contiennent tout l’univers mental des personnages (frigo, chambre de Porc, toilettes). C’est un espace de jeu multiple : intérieur, au-dessus, autour. Ce sont des boîtes de jeu d’où sortent tous les accessoires qu’ils utilisent. C’est l’équivalent d’une malle à jouet.
Il est question d’imaginaire : monde imaginaire, imaginaire des personnages, langage imaginaire. C’est cette question que je veux mettre en jeu. Le caddie peut être lit d’hôpital ou taxi, par exemple. Les situations de la pièce nous amènent à multiplier les usages des accessoires et à les détourner de leur fonction habituelle. Le monde imaginaire de Pork-city est littéralement construit par les comédiens ; les containers de docks sont mobiles. L’espace scénique est transformable en permanence.
Et rien n’est à l’échelle : le caddie est trop grand, les containers sont trop petits. J’ai voulu abolir les repères géométriques habituels pour prendre les perspectives des personnages. Leur monde est mouvement, ils passent allègrement de la plus grande bêtise à la plus profonde poésie. Leur regard est mobile.