Marilyn Monroe, Bette Davis, Catherine Deneuve, Gloria Swanson, Lauren Bacall et beaucoup d’autres me font rêver.
Cela faisait un moment que me trottait dans la tête un spectacle sur le spectacle, le cinéma, le théâtre.
Sur une actrice.
Ou plusieurs.
Je ne savais pas trop.
J’ai longtemps cherché une pièce sur ce thème. Je ne trouvais pas.
J’ai même envisagé d’adapter All about Eve au théâtre.
Et puis je suis tombé par hasard sur Music-hall et Hollywood de Jean-Luc Lagarce. Quel bonheur ! Quelqu’’un avait écrit l’’histoire qui m’’embrumait les pensées.
Faire se rencontrer les personnages de ces deux pièces me permet de parler de l’Actrice, de ses doutes, de ses peurs, de ses espoirs jamais réalisés.
Dans Hollywood, Lagarce s’approprie le personnage de Mankiewicz, Eve, et raconte son errance dans la ville du cinéma à la recherche de son idole et de sa propre mais hypothétique future célébrité.
Music-hall est drôle parce que c’est une pièce qui ne commence jamais, elle parle de personnages qui n’existent peut-être d’ailleurs plus.
Mais elle est aussi déchirante dans sa description d’une actrice au bord du gouffre, devant une salle vide, flanquée de deux fantômes.
J’ai choisi deux jeunes comédiennes pour interpréter La Fille de Music-Hall alors qu’elles n’ont pas son âge et son expérience. Il me semble que le désespoir de l’actrice
en sera plus touchant : son avenir est fichu depuis le début alors qu’elle a la vie devant elle.
Pourquoi dédoubler le rôle ? Pour s’éloigner de l’anecdotique, du particulier.
Elles représenteront sans doute l’idole de la Eve de Hollywood.
Et puis je voudrais deux boys ludiques et cruels, tour à tour clown, Auguste et Monsieur Loyal. Sont-ils à la botte de l’’Actrice ou la manipulent-ils ?
Ils participent en tout cas à son cinéma et alimentent ses rêves.
J’ai envie que le spectacle soit baigné d’irréel, que les personnages donnent l’impression d’être enfermés depuis des siècles dans un vieux film hollywoodien.
Lumières, musique, costumes et maquillages iront dans ce sens.
Le tout serait un drame en technicolor passé et en paillettes qui ne brillent plus, un mélodrame bancal qui passerait de la couleur au noir et blanc, un spectacle comique à mourir
de tristesse.