« Débrayage est une comédie à sketches, comme on pourrait le dire du cinéma à sketches des comédies italiennes. Trente-quatre personnages lâchés dans la ville sont
confrontés à des situations qui les font basculer dans la crise. Rien ne semble les réunir si ce n’est la peur de l’abandon, liée le plus souvent à la perte du travail, envisagé
comme la seule valeur d’existence possible, mais pas seulement. “Mon père, pourquoi m’as-tu abandonné ?” Débrayage, ce sont les chaises musicales sous le ciel
métaphysique.
Sans support, les personnages archétypes d’une modernité urbaine tombent dans l’abîme, et dans leur chute ils parlent, ou plutôt ils crient, une langue claire, débridée, pour se
sauver. Rémi De Vos écrit en poète. Pas de constat misérabiliste sur le monde. Pas d’analyse sociologique ou politique seulement, sur sa dérive inéluctable. Son écriture est
l’expression simple d’un sentiment du monde vécu, de l’intérieur, sans nihilisme aucun. La grande nouvelle est que l’on rit dans l’invention de notre vérité
contemporaine. »
Eric Vigner
Préface, Débrayage, Crater, 1996