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Ricardo Bartís / El Sportivo Teatral

Ricardo Bartís est l’un des représentants les plus talentueux du théâtre argentin. Il maintient une indépendance créatrice sans concession. C’est en conciliant ainsi liberté et manque de moyens qu’il travaille avec sa compagnie, El Sportivo Teatral, dans un vieil atelier rénové, loin du centre de Buenos Aires.
Acteur de talent, il réalise sa première mise en scène en 1985 (Telerañas d’Eduardo Pavlovsky). Il adapte ensuite des pièces de répertoire (Hamlet, o la guerra de los teatros en 1991) ou ses propres textes (Postales argentinas en 1989, El Corte en 1996), El Pecado que no se puede nombrar (1998) d’après des romans de Roberto Arlt, ou La última cinta magnética de Beckett (2000).

Le Sportivo Teatral est un espace d’expérimentations et de recherche autour du jeu des acteurs, fondé en 1981 par Ricardo Bartís. Les premières années, le Sportivo Teatral met en place et développe des ateliers de recherche et d’improvisation, en quête de procédés poétiques autonomes. Pendant cette période, en plus de participer comme comédien à de nombreux festivals internationaux, Ricardo Bartís est invité au Festival international de Madrid et au Festival iberoamericain de Cadiz pour présenter un travail traduisant son point de vue sur la question du langage. Cette démarche conduit à la création, fin 1988, de Postales Argentinas (Cartes postales argentines), de Audivert - Bartís - Ramos, premier spectacle que le Sportivo Teatral signe en tant que compagnie. La pièce est ensuite présentée à Buenos Aires où elle reçoit un très grand succès public et critique. Sont ensuite créées d’autres pièces, comme Hamlet, o la guerra de los teatros d’après Shakespeare (1991), Muñeca de Discépolo (1994), El Corte (1996), El Pecado que no se puede nombrar (Le pêché que l’on ne peut nommer, notamment présenté au Festival d’Avignon en 1999) d’après des romans de Roberto Arlt (1998), Teatro proletario de cámara à partir de textes de Lamborghini (1999), et La última cinta magnética de Beckett (2000).
Le Sportivo Teatral s’est peu à peu forgé une réputation internationale et est aujourd’hui l’un des lieux incontournables de la scène de Buenos Aires, où ont été formés nombre de comédiens et de metteurs en scène argentins.
Donde màs dueleLà où ça fait le plus mal –a été présenté au théâtre Garonne dans le cadre du festival Mira ! en 2003.

Lorsque la compagnie se réunit pour travailler, ce n’est jamais en vue d’un spectacle prédéfini. Les répétitions s’échelonnent le plus souvent sur des mois, voire des années, au cours desquels peu à peu les recherches prennent corps et s’articulent. “Nous nous réunissons habituellement pour lire et pour discuter de ce que nous lisons, pour découvrir ensemble un sens moins évident du texte, une insinuation de l’auteur, au beau milieu de ce qui est manifeste. (…) la sensation que l’on éprouve est celle d’être le témoin d’une explosion du sens, d’une multiplication des significations”
Ricardo Bartís, in Teatro al Sur, numéro spécial mai 1999