La pluie
Une comédienne
Le texte, une vingtaine de minutes, est publié aux éditions théâtrales dans le premier recueil Pièces Courtes.
L’histoire : une vieille femme raconte comment des gens, par centaines, avant de prendre le train, lui confiaient leurs affaires. Ces gens ne sont jamais
revenus, mais elle est restée, avec toutes ces choses dont elle ne sait pas quoi faire, elle a tout recueilli chez elle, dans sa maison transformée en musée. L’entretien et la
conservation de ces objets deviennent sa raison d’être, au risque de l’étouffement et le désir de tout garder vient bientôt recouvrir le plus élémentaire désir de vivre.
Le texte est une métaphore pour raconter l’Europe et l’histoire de toutes ses déportations.
Le texte ne sera pas dit par cette vieille femme dont parlent les didascalies, mais par une femme encore jeune. Elle a hérité de ce récit. Elle en est la dépositaire. Elle s’en est imprégnée, et aujourd’hui, la parole a changé de corps. Au passage, des transformations se sont opérées.
Le spectacle montre une comédienne dans l’action de dire et de transmettre la parole, entre public et dictaphone sur lequel la vieille femme raconte son histoire. Le jeu doit être suffisamment précis pour permettre à la parole de rester sensible sans tomber dans le grotesque propre aux excès de pathos. Et le spectacle vient questionner la place d’une génération, héritière d’une Histoire qui la dépasse.
Croquemitaine
Deux comédiens
Le texte, une quarantaine de minutes, est publié aux éditions théâtrales dans le second recueil de Pièces Courtes.
La fable : Une enfant est morte alors qu’elle venait de naître. La femme voudrait un autre enfant, l’homme voudrait attendre. La pulsion tranche :
enceinte, la phase de gestation passe, elle accouche. Quelques temps après, la femme étrangle l’homme puis le castre. Elle reste seule, berçant son enfant, un garçon.
Le texte se place du côté du conte et réveille en nous la mémoire d’un passé qui sommeille et dont des vestiges ici et là perdurent. Le phantasme d’une proximité
plus grande avec la terre après tout reste encore bien présent chez beaucoup d’entre nous.
Notre histoire devient alors celle-là, l’histoire d’un couple d’aujourd’hui, vivant en ville, que cette mythologie des origines, cette religiosité de la terre, ce
phantasme de la terre matricielle, cette mélancolie viennent hanter. Notre spectacle raconte le cauchemar que ce phantasme recouvre… Une enfant est morte alors qu’elle venait de
naître. La femme voudrait un autre enfant, l’homme voudrait attendre. La pulsion tranche : enceinte, la phase de gestation passe, elle accouche. Quelques temps après, la
femme étrangle l’homme puis le castre. Elle reste seule, berçant son enfant, un garçon.
Des projections accompagnent et structure le spectacle : parfois des images, parfois des didascalies.
La musique : très présente au début, elle évoque sous forme de textures sonores, de tissages, les différents états du corps des deux personnages. Puis dans la deuxième partie, la musique se fait plus discrète, seule une petite ritournelle ponctue occasionnellement l’action jusqu’à la fin.