Depuis Frontière ou les dos mouillés jusqu’au Collecteur de rêves, la question de l’identité trace le fil rouge du parcours des Transformateurs. La frontière, le travail, le clonage et le rêve ont été tour à tour abordés comme autant d’éléments constitutifs de l’identité individuelle et collective. En ouvrant un cycle de travail sur la mémoire, la compagnie poursuit cette réflexion.
En explorant la question de la mémoire, Nicolas Ramond s’intéresse tout d’abord au syndrome de Korsakov. Ce travail de recherche a été entamé il y a maintenant plus d’un an. Au fil des sessions de travail, le projet a évolué et s’est peu à peu précisé. Crash test s’empare désormais de la thématique du coma comme modalité originale d’appréhension de la mémoire et des troubles qui l’affectent.
SYNOPSIS
Brit’Butum est ouvrière dans une usine de volaille, à la chaîne de dépeçage. Un matin, alors qu’elle se rend à l’usine à reculons, sa voiture heurte celle de Arsène Droch, manager stratégique de l’entreprise. Il a fêté toute la nuit la signature du contrat avec le Japon. Brit’Butum et Arsène Droch ne s’étaient jamais rencontrés. Ils se retrouvent soudainement côte à côte à l’hôpital, en état de coma.
Leurs inconscients se mettent alors à dialoguer dans un mélange de scènes vécues, imaginées et fabulées. A cela s'ajoute l’intervention des personnes présentes à l'hôpital, réinterprétée au filtre de l’inconscient. Une perfusion devient par exemple une plante verte qui pousse prodigieusement dans la bouche d’un personnage. Tous ces élément s’emmêlent dans un imbroglio apparent : les spectateurs se situent en effet au coeur du coma et n’ont qu’un accès limité au monde conscient, à la manière des deux patients.
UN DIALOGUE PLURIDISCIPLINAIRE
Comme pour ses précédents spectacles, Nicolas Ramond fait appel pour Crash test à plusieurs disciplines artistiques. La musique, la vidéo et les odeurs ont un rôle majeur dans le processus créatif, venant non seulement compléter mais aussi suppléer au jeu d’acteurs et au texte; là où ces derniers ne peuvent que difficilement exprimer la sensation de confusion de couleurs, d'odeurs et de sons, propres aux images mentales élaborées par l’inconscient.