« Je n’ai jamais été sportif ; les dernières compétitions importantes qui ont fatigué mes muscles sont les concours de billes à l’école primaire dans la cour de
récréation. Mes bras, mon souffle court, mes jambes lentes ne me permettaient pas de faire les efforts nécessaires pour taper dans une balle avec efficacité ; je n’avais
que la force de fouiller le monde avec mon esprit. Trop chétif pour le sport, il ne me restait que les neurones pour inventer des jeux de balles. L’intelligence était un
pis-aller. »
Fort de ce constat, mais très déprimé, notre héros (qui n’en est pas un) va se lancer dans une vaste entreprise de désensibilisation au monde, afin que son esprit cesse d’être
envahi par tant de curiosité saine. Car « être curieux, vouloir comprendre la nature et les hommes, découvrir les arts, devrait être la tendance de tout esprit. Mais si cela
était, avec l’organisation actuelle du travail, le monde s’arrêterait de tourner, simplement parce que cela prend du temps et développe l’esprit critique. Plus personne ne
travaillerait. »
Aussi, après avoir essayé - en vain - d’être alcoolique et de se suicider, sous heurozac, notre héros qui pourrait tout à fait en être un, pourra alors s’adonner aux joies de la
« vraie » vie….