Six enfants réunis dans une cave répètent des lieder de Schubert, sous l’oeil sévère d’une gouvernante. S’ensuit un repas frugal où le silence et les gestes mesurés nous
laissent progressivement deviner le triste sort de ces victimes impuissantes…
On connaît les critiques acides de la société allemande exposées dans les pièces de Thomas Bernhard. Le jeune metteur en scène Cristián Plana transpose son texte au Chili pour
témoigner de la barbarie d’une enclave allemande, la Colonie Dignidad[1] et de ses
crimes passés sous silence grâce à la complicité de la dictature de Pinochet. Le discours de l’auteur autrichien résonne avec une énergie féroce dans le contexte local. Un
travail de grande exigence qui, avec une économie volontaire de mots et de moyens, exprime avec force la brutalité de l’oppression.
[1] *Société Bienfaitrice à caractère sectaire fondée au début des années 1960 par des immigrants allemands (protestants et membres de groupes de jeunes nazis) dans le sud du Chili.
Production déléguée Les Célestins, Théâtre de Lyon, Festival Sens Interdits
© Laurent Noël