Dans CIBLE MOUVANTE Marius von Mayenburg propose pour la première fois de se débarrasser du nom des personnages et de laisser librement à l’acteur et au metteur en scène le choix des répliques, comme s’ils étaient tous interchangeables. Ici nous ne sommes donc plus dans la question de l’interprétation d’un personnage. Aucune indication d’âge, de sexe, de condition sociale. Le pari sera avant tout d’inventer qui dit quoi, et à qui? Cela sonne comme un jeu, le «qui dit quoi à qui». A chacun d’inventer sa propre histoire et les relations qui en découlent. Les indications de lieu et de temps sont également brouillées.
La pièce est donc une série de répliques rapides, d’échanges nerveux sans que l’auteur et les protagonistes daignent se nommer. La pièce peut être jouée par cinq, dix, ou quinze acteurs... il n’y a que le monologue de la fin où, par déduction, l’on comprend que c’est la petite fille qui parle... Mais comme il n’y a rien qui l’indique, c’est un des acteurs qui prendra ce rôle. Ce sera mon premier choix de mise en scène sur lequel je reviendrai plus tard...
Mikaël Serre