Il est aussi difficile de faire un synopsis de CIBLE MOUVANTE que de tenter de retranscrire un rêve au réveil. Puisque la traduction est en court, je me prête donc à cet exercice et espère ne pas trop réduire le champ en étant aussi complet et succinct que possible.
Nous sommes dans un futur hypothétique où les enfants semblent atteints d’un symptome étrange qui les illumine et les transforme en tueurs dès l’âge de douze ans, en lieu et
place de l’acné pubère. Les adultes ne savent plus comment agir face à cette menace et tentent en vain de comprendre puis de se défendre. Entre paranoïa existentielle de
l’absurde et échos du réel, ils tentent néanmoins de sauver le (notre) monde de leur progéniture meurtrière.
Nous pouvons deviner à la lecture quelques amis qui se réunissent pour parler de leurs enfants. Une tache visqueuse sur la moquette de l’appartement de l’un d’entre eux devant
la porte d’entrée va rapidement devenir un thème central autour duquel vont se stigmatiser toutes les attentions et interprétations possibles. Substance extra-terrestre,
placenta, eau, sang... Le visionnage d’une vidéo de surveillance de parking de supermarché surprendra cette petite fille qui glisse une boîte en carton suspecte dans une
poubelle publique. Preuve à l’appui, leur angoisse se fera grandissante.
Cette petite fille va finir par être la principale accusée d’un attentat qui semble se profiler simultanément dans le supermarché attenant au parking. À partir de là, une
machinerie sans freins va propulser nos protagonistes vers une paranoïa grandissante qui les amènera à mener l’enquête, et à croire que leur fille appartient à une organisation
terroriste!
Suite à l’alerte à la bombe qui a mobilisé l’armée, la police et les médias du monde entier, les parents hésitent à la dénoncer aux autorités, tout en sachant qu’elle représente
un danger pour la société. On découvre alors que la boîte en carton contient un nourrisson abandonné. Mais des tireurs d’élite embusqués sont déjà placés sur les toits. Ils ont
le champ libre pour éliminer le poseur de bombes. Un bruit sourd. La petite fille est abattue d’une balle dans la tête.
La pièce se termine par un monologue de la petite fille qui raconte qu’elle se sent isolée, que ses parents ne communiquent plus avec elle. Elle dormait, un bruit sourd l’a
réveillée. Elle a trouvé un oiseau mort sur son balcon et l’a mis dans une boîte en carton avant d’aller secrètement le soir sur le parking du supermarché pour mettre le carton
contenant l’oiseau dans une poubelle publique...
Mikaël Serre