Gianni Schneider réunit deux pièces de Caryl Churchill sous le titre C’est un état de siège. Ces textes composent différentes histoires qui traitent de sujets brûlants d’actualité. Aux grands discours et au réalisme, la dramaturge anglaise préfère le décalage, la distanciation et l’évocation pour parler de réalités politiques, telles que la guerre, l’économie, l’environnement, etc. Elle fait résonner subtilement la brutalité du monde avec la violence intime de ses personnages et creuse les zones obscures du quotidien. Huis clos, dialogue en rupture, ces situations promettent frissons et étonnements, et plongent le spectateur dans un imaginaire social engageant.
Ceci est une chaise
La guerre en Bosnie est le titre de la première scène de Ceci est une chaise. Julian apparaît ; il attend dans la rue de Londres avec un bouquet de fleurs à la main. Mary est en retard. Enfin elle arrive et s’excuse. Mais elle a pris un deuxième rendez-vous et ne peut pas rester.
Dans sept scènes courtes et incisives, Caryl Churchill dessine, sous fond d’actualités politiques et sociales, des relations tendues empreintes de quotidienneté.
Pas, pas, pas, pas assez d’oxygène
L’action se passe en 2010 dans un univers post-cataclysmique où on ne peut littéralement plus respirer et où des fanatiques massacrent la population. Un père, accompagné de sa nouvelle amie, attend son fils, vedette adulée de tous, dont il espère également obtenir un peu d’argent pour améliorer sa condition de vie. Lorsqu’il arrive enfin, Claude annonce à son père qu’il a fait don de toute sa fortune.
« Sans présenter pour autant une volonté programmatique figée, la Compagnie Gianni Schneider a entrepris ces huit dernières années un travail de recherche théâtrale en choisissant des écritures fortes (classiques ou contemporaines) avec le désir de réaffirmer la dimension de forum du théâtre :
les vicissitudes de ce monde
agitent (ou ont agités) notre humanité
force, par ses interpellations et ses provocations, le spectateur-citoyen à se positionner.
Tous les textes choisis sont soumis à un travail dramaturgique (un travail sur la langue), débouchant souvent sur des adapations et des actualisations. L’esthétique théâtrale développée repose essentiellement sur le travail d’acteurs/d’actrices alliés à des recherches sur le son, les costumes et les lumières dans un décor souven dépouillé: c’est essentiellement des histoires que l’on raconte au théâre…
Le théâre est pour la compagnie, avant tout, une aventure humaine. »
Gianni Schneider