Odeur de craie et tableau noir, poésies et tables de multiplication, globes et cartes, fautes d’orthographe et encre qui tache mains et pupitres… Entrons dans un monde de
souvenirs évoqués sous la belle plume forte et engagée de Sylvain Levey, auteur de la Fabrique et lauréat, pour ce texte, du prix Collidram 2011 (prix de littérature dramatique
décerné par des collégiens).
Explorant les coulisses du temps au gré d’objets oubliés ou imposés par la publicité aujourd’hui, de la communale de l’après guerre au collège d’aujourd’hui, il raconte cette
école, miroir de notre société. Mais l’air de rien, toutes ces petites chroniques poétiques mises ensemble ne nous parlent-elles pas de la Grande Histoire ? De la cagoule
oubliée de Samir disparu ou expulsé, du pantalon militaire de Clémence la mal nommée, ou du pull démesuré dans lequel se cache Courpartout le souffre-douleur… des sans-culottes
aux sans-papiers, c’est bien là toute une histoire de France. Jules Ferry en prend un coup ! Le fronton de l’école arborant Liberté-Égalité-Fraternité est ébranlé mais il
résiste… Metteuse en scène et directrice du Centre culturel Théo Argence, Anne Courel invite à travers cette création 2011 – créée et jouée pour la première fois à Saint-Priest,
à revisiter nos manuels d’histoire et d’instruction civique. Avec acuité et tendresse, son théâtre sensible et ancré dans notre quotidien nous interroge sur des questions
urgemment contemporaines. Qu’en est-il aujourd’hui dans nos écoles de la nation et de sa devise républicaine ?
Production : Cie Ariadne
Coproduction Centre Culturel Théo Argence
© Christian Ganet