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Ca ira quand même

mise en scène Benoît Lambert

Collage à partir des textes Ervart ou les derniers jours de Frédéric Nietsche de Hervé Blutsch, Vingt ans, et alors ! de , Pour l'abolition de la société marchande pour une société vivante de Raoul Vaneigem, Pourparlers de Gilles Deleuze
 
 
Avec : Emmanuel Fumeron, Cécile Gérard, Guillaume Hincky, Ana-Karina Lombardi, Lara Suyeux, Emmanuel Vérité

Quelques mots sur l’œuvre…

Comment agir, comment participer activement à l’évolution du monde dans le fonctionnement actuel de notre société ?
Pourquoi malgré la liberté de penser et d’expression que nous avons effectivement, la nouvelle génération politique se perd dans une période où l’engagement peut parfois faire envie mais ne fait que très rarement acte ?

Au début il y a un mur. Blanc. Six chaises au fond, six frigidaires à jardin. Et une musique d'ambiance un peu pénible. Et deux micros qui pendent du plafond. Et c'est tout. Après, ils entrent. Ils sont six, visiblement perdus. Pour l'occasion (mais laquelle, est-ce qu'on l'a jamais su ?), on s'est bien habillé, mais ça reste approximatif.
Après (longtemps après ou tout de suite après ?) ça se met à parler, à chercher un sens à la vie. On s'indigne, on s'agite, on crie. On se demande dans quel monde on vit. Mais ça tourne court, souvent. Alors on s'excuse d'avoir dérapé, on se sert les coudes ou on se laisse tomber. Ca dépend.
On chante aussi, un peu, pour se rasséréner. On boit un coup pour se remonter. On danse, seul la plupart du temps. On écoute des musiques dans le coup. On fait son intéressant. Après (longtemps après ou tout de suite après ?) on ne sait plus comment faire pour dire ce qu'il y aurait à dire. On ne trouve plus ses mots.
On renonce à les chercher. On se tait. On improvise une fête. On se dit qu'on va fêter ça mais on ne sait plus quoi.
Encore après, il y a un super-héros qui arrive. Sur le moment, ça paraît parfaitement cohérent. On se dit qu'il vient sûrement sauver quelque chose, mais quoi pas les meubles, en tout cas, y en a pratiquement pas). Finalement, il renonce, et c'est bien mieux comme ça.
Evidemment, tout cela est hilarant. Comme dans toutes les farces, la situation est désespérée, mais elle n'est pas sérieuse. Même si des fois...
Mais bon, voilà, on en est là.
Et ça ira quand même.

Antoine Franchet (Scénographe) , Brigitte Massey (Costumes) Antoine Franchet (lumières), Olivier Even (régie générale), Sophie Chesne (administration)