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Borges vs Goya

mise en scène Arnaud Troalic

Collage à partir des textes Borges de Rodrigo García, Goya de Rodrigo García
 
 

Argument des pièces

- Dans Borges, un homme se retourne sur ses 17 ans, dans le Buenos Aires de la fin des années 70, livré à la dictature militaire. Il se revoit en pleine émancipation de l’héritage social et culturel de son boucher de père, poursuivant son idole d’alors : Borges, sans trouver pour autant le courage de l’aborder. Née du flux et du reflux des souvenirs, la rage s’impose progressivement puis explose, balayant l’admiration d’autrefois : Borges ne s’est servi ni de son talent ni de sa position contre l’inacceptable. Il ne s’est jamais « mouillé » pour personne. Alors, aujourd’hui, il faut agir, réparer cette erreur de jeunesse (« A cet âge-là, on ne sait pas ce qu’on admire »), tuer le père de substitution, s’émanciper définitivement: « Je vais aller saccager la tombe du vieux Borges à Genève ». Vite, en route... quitte à faire l’amère expérience de sa propre inertie.

- Le héros de Goya n’est pas le célèbre peintre espagnol mais un looser insomniaque qui « préfère que ce soit Goya qui l’empêche de fermer l’oeil plutôt que n’importe quel enfoiré »... Il a 50 ans, 2 jeunes fils, 5000 euros d’économies à claquer... et un projet fou à réaliser tout de suite: rentrer de nuit au Prado avec ses fils pour admirer les Peintures Noires de Goya, avec une bouteille de Macallan et un bon stock de coke. Mais qu’y a-t-il de vrai dans tout cela ? S’agit-il du récit d’un rêve (ou d’un cauchemar) de plus ou bien assistons-nous à la préparation d’une authentique révolution individuelle ? Que peut-on opposer à la barbarie ? Comment s’émanciper de modèles imposés ? Que transmettre à ses enfants ? Comment se mettre en action, soi, et partir à la conquête de ses propres valeurs ? Ce sont quelques-unes des questions communes à ces deux pièces. Interrogations fondamentales que Rodrigo Garcia sait faire émerger de gestes quotidiens, de colères éruptives, de discussions enflammées, d’envolées poétiques.

Florence Gamblin, dramaturge