Rodrigo García, enfant terrible du théâtre espagnol, revient avec un spectacle composé de deux monologues inspirés par deux artistes qui ont marqué sa vie : Goya, dont les œuvres exposées au musée du Prado l’empêchent de dormir et Borges, le grand écrivain argentin aveugle dont il a suivi - avec passion - les conférences, lorsqu’il était adolescent... mais le désengagement politique l’a toujours mis en rage.
Les spectateurs cernés par une pelouse verte et mis en condition par une vidéo inspirée du tableau de Goya "Duel à coup de gourdin", écouteront Gonzalo Cunill, en maillot
de l’Athlétique de Madrid, leur raconter sa folle journée qui a commencé par la proposition qu’il a faite à ses fils : " il faut qu’on aille au Prado un de ces soirs
". Proposition à laquelle ils ont répondu que ce serait une bien meilleure idée d’aller à Disneyworld.
De l’autre côté de la pelouse, une vidéo les conduira ensuite vers Juan Loriente, porte-parole d’un Rodrigo García qui revit sa passion pour Borges, mais il comprend tout à coup
qu’il ne pouvait décrire la réalité puisqu’il ne la voyait pas.
Deux monologues pour mieux comprendre les fascinations et les rages qui animent Rodrigo García.
Même moi, j’ai du mal à comprendre ce que font ces deux personnages ensemble : Borges et Goya...
“Je préfère que ce soit Goya qui m’empêche de dormir plutôt que n’importe quel fils de pute”, vidéo installation présentée en 2004 à Bayonne reflête plutôt des densités,
un air lourd et des gens seuls donnant des coups dans l’air.
“Goya” c’est différent, c’est le portrait d’un perdant merveilleusement fou, à tel point que je ne pense pas qu’il soit un perdant - son problème c’est qu’il n’a pas
d’argent... et qu’il est de l’Atlético de Madrid.
“Borges” est arrivé car on m’a demandé d’évoquer le célèbre écrivain lors d’une manifestation officielle à Madrid : le centenaire de sa naissance. J’ai fait ce que
j’ai pu : exprimer mon admiration pour son style et ma colère face à ses graves manquements civiques : si tu as une voix à un moment ou personne ne peut s’exprimer,
quant on tue impunémnent à coté de toi, la logique veux que tu t’en serves.
Rodrigo García