Le bonheur tient à presque rien, un peu de chauffage après la pluie et la vie s’ouvre un peu.
Elle a décidé d’emmener ses enfants à la mer. Ils s’étonnent : il y a école demain ! Elle veut leur faire découvrir la mer, contempler les vagues, courir sur la plage et
ramasser des coquillages… Cette escapade doit être une fête, du moins elle le voudrait.
Cette histoire simple et bouleversante nous tient en haleine d’un bout à l’autre. C’est un cri de femme contre l’adversité, un hurlement pour lézarder les murs de l’indifférence.
Ce texte fulgurant, né de la lecture d’un fait-divers réel, accomplit en un peu plus de cent pages d’un seul souffle le miracle de nous conduire à être plus au monde.
Anne Bihan
Bord de mer est ce long monologue qui n’a pas pu être, pas plus que les mots de la mer toute bleue. Ce long monologue où retentissent des mots, des gestes, des regards, toute la
terrible indifférence du monde entier. La nôtre aussi bien sûr, on ne s’en tirera pas comme ça.
Anne Bihan
LA RECONNAISSANCE DE L’AUTRE
Michel Kacenelenbogen
Je suis mal à l'aise avec tous ceux qui me demandent de l'argent dans la rue, les démunis, les sans domiciles fixes, les sans-papiers. Parfois je donne de l’argent, parfois pas.
Je ne sais pas ce qui fait que parfois je donne et parfois pas, je n’ai pas de règle définie en moi, mais dans tous les cas je me sens impuissant, pour améliorer réellement leurs
situations, je continue mon chemin j’y pense un peu et puis j’arrête d’y réfléchir.
Un jour, je lis un texte. Un texte miroir à mon incapacité à gérer ma relation à ces personnes au bord du précipice. Ce texte, c’est Bord de mer de Véronique Olmi. Dès la
fin de ma lecture ce jour là, je sais que je dois faire entendre ce texte. Je mets en scène Bord de mer pour que nous ne regardions plus jamais les exclus de la même
manière.
Je mets en scène Bord de mer pour que ce témoignage soit entendu.
Même si nous ne voyons pas comment agir face à ces situations inacceptables nous devons reconnaître.
Sans reconnaissance de l’autre, il n’y a aucune vie possible.
Je mets en scène Bord de mer parce qu’un arbre qui tombe en forêt, ça ne fait pas de bruit s’il n’y a personne pour raconter sa chute.
Si les auteurs servaient à quelque chose, ce serait à cela.
Chercher la limite entre le bien et le mal.
Véronique Olmi
BORD DE MER, BORDER LINE
Véronique Olmi
C’est la mère qui est border line. Elle est au bord d’être une bonne mère, mais elle n’en est pas une… Il est vrai qu’elle envie la mer car la mer n’a besoin de personne. Elle est
là et prend toute la place alors qu’elle, elle n’a justement pas sa place… Elle dit de la mer : « C’est une orgueilleuse, elle n’a pas besoin de nous, elle pourrait même
nous bouffer ». Et en fait, c’est aussi ce que peut être la maman : la mère donne la vie, mais elle peut également dévorer ses enfants. La mer est un miroir pour elle.
La femme qui parle n’a pas de centre, n’a pas les pieds posés sur terre, n’a pas de racines, pas de souvenirs non plus. Elle est prise dans la vase.
LA PAROLE D’UNE DÉSERTÉE
Magali Pinglaut
C’est une mère qui parle. Jusqu’au bout. Qui laisse une trace. Ses mots. En réponse au silence du monde ? Ici, il ne s’agit pas d’incarner, mais de porter à bras le corps la
parole d’une oubliée. Une que le monde n’a pas vue. Une que le monde n’a pas écoutée.
Porter le verbe de Véronique Olmi. Formidable écriture qui tente d’inventer la langue d’une désertée.