« Pour moi, les mots sont des notes, et leur ensemble forme un son qui doit être harmonieux et agréable à l’écoute… J’aime utiliser la répétition pour créer un
état d’âme obsessionnel, même si les mots sont très réalistes, leurs constructions courtes répétitives, courtes et fantaisistes les arrachent au quotidien naturaliste et les
aimantent vers une dimension paradoxale souvent ironique. Une fois écrit, mon texte est incomplet il attend l’acteur. »
Spiro Scimone
Bar naît de la scène en 1996, partition nerveuse en un acte pour deux « caractères ». Elle parcourt quatre jours cruciaux de la vie de Nino et
Petru.
Nino fait des cafés dans un bar minable et Petru est au chômage.
L’un vit avec sa mère et rêve de servir des cocktails, l’autre a vendu les bijoux de sa femme contre la promesse d’un boulot louche et n’ose plus rentrer chez lui.
La petite mafia locale n’est pas loin de l’arrière-salle de ce bar où les deux hommes, pour sortir de leur médiocrité, organisent une partie de cartes qu’ils s’imaginent pouvoir
gagner…en trichant. Le fiasco total.
Mais voilà que Gianni (le caïd) est assassiné. Deux hommes en civil mènent l’enquête (police ou mafia, mystère) et nos deux personnages s’imaginent qu’ils ne peuvent qu’être les
coupables idéaux.
Toute l’action se déroule dans l’arrière-salle de ce bar et nos deux protagonistes macèrent dans cet univers clos, y cultivant leurs fêlures et leurs lâchetés quotidiennes.
L’écriture quotidienne et incisive de Spiro Scimone nous plonge dans des vies misérables et sans reliefs. Laurent Vacher fait le choix de conserver certains passages dans leur
langue originale ( le dialecte de Messine, langue maternelle de l’auteur) ce qui permet d’imaginer que peut-être Nino et Petru sont plus proches de nous qu’on ne pourrait le
croire.