La pièce que j'ai eu l'occasion de mettre en lecture publique aussi bien en France qu'à Bamako même, devant des auditoires très divers, a confirmé les singulières qualités qui sautent aux yeux dès sa première découverte.
A la fois « mélodrame subsaharien », pièce « de genre » aux allures de polar sahélien, et compte-rendu d'une réalité précisément observée, Bamako dégage un charme rare, instaure un climat à la fois nostalgique et vénéneux, où gravite une constellation de personnages attachants : crapules, touristes naïfs, jeunes ambitieux, vieux « toubab » tanné à tous les soleils d'Afrique et servantes au grand coeur…
Alternant violence, humour et tendresse vraie, sans fausse sentimentalité et dans un style à la théâtralité efficace, Eric Durnez dresse le portrait sans complaisance d'une capitale chaotique et charmeuse, à l'échelle d'une Afrique « mal partie » et riche de tous les potentiels de sa jeunesse.
Bamako a été écrit suite à une résidence d’auteurs : La Ruche Sony Labou Tansi organisée conjointement par le Nouveau Théâtre d’Angers, Ecritures Vagabondes et BlonBa en novembre, décembre 2001 dans la capitale malienne.
Cette création de Bamako au Nouveau Théâtre d’Angers sera pour moi une manière de témoigner de la richesse des écritures francophones et de mettre en scène pour la première fois dans un Centre Dramatique National français un auteur déjà fortement reconnu dans sa Belgique natale.
Claude Yersin