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La Pièce

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Identité et Famille

Dans la continuité de l’itinéraire artistique de la Compagnie du Plateau, le projet poursuit le travail d’exploration du processus identitaire de l’individu. Cette réflexion menée d’abord sur le couple (Georges Dandin) puis sur la mémoire de l’adolescence (Troubles de mémoire) le sera ici au travers de la famille.

Dans « Andréa et les quatre religions », Jean-Gabriel Nordmann interroge la cellule familiale dans notre société. Quatre personnages (la mère, le père, le fils, la fille) se confessent, s’affrontent, se souviennent, prennent le public à témoin; ils sont découpés au scalpel dans des tranches de vie où règnent l’incompréhension et l’incommunicabilité. Dans cette famille décomposée où les repères ont volé en éclats, et qu’une « photo de famille » pourrait réunir, chacun est en quête d’une identité personnelle. Dans un hôtel de Thermes où se retrouve la famille, Andréa (la serveuse) apparaît ; révélateur de leurs fantasmes de liberté et figure emblématique de leurs manques, elle devient leur proie.
La notion de religion(s) est abordée dans la pièce comme la recherche d’une « définition de soi » selon les termes du père, comme une philosophie de la vie qu’on choisirait sur sa route de façon intuitive.

Cette histoire est fortement enracinée dans les avatars de notre société.

« Avant nous étions quatre», c’est la première phrase énoncée par la mère. Elle expose, tel un coryphée moderne, la famille et ces quatre protagonistes. « J’ai connu la famille, et j’en sens tous les jours le manque comme une photo découpée dont on m’aurait extraite, tout est abîmé... »
L’histoire de cette famille se jouera en solo ou duo. « Le père : ‘Ma femme dit, mon ex-femme, la mère de ma fille, elle dit : ‘Tout s’est abîmé.’Moi je dis : ‘Je me suis abîmé comme un bateau s’abîme dans la mer. Je me suis enfoncé jusqu’au cou. Mais j’ai encore pied, c’est si peu profond là où on patauge. »
Huit scènes où le banal et le quotidien apparaissent comme une base prétexte au déroulement de l’histoire qui bascule bientôt vers le fantastique à l’arrivée d’Andréa.
A partir de ce moment, l’histoire de cette famille plonge dans un univers où le jeu devient une métaphore poétique et grotesque où la cruauté côtoie le comique où l’étrange devient absurde.