C’est la première fois que Michael Delaunoy aborde l’oeuvre de Marguerite Duras. Attentif aux écritures de l’intime, le metteur en scène ne pouvait éternellement éviter la confrontation avec cette langue qui creuse au plus profond les êtres et les corps.
Agatha est une épure qui n’est pas sans évoquer par moments la Bérénice de Racine. L’action extérieure y est réduite à sa plus simple expression. La raréfaction du mouvement exige des interprètes une présence aiguë. Le moindre souffle, le moindre tremblement du corps prend valeur d’événement. Corps empêchés, tendus dans leur désir inassouvi…
Pour donner à entendre la musique secrète de ce frère et de cette sœur unis dans un amour impossible, Michael Delaunoy a choisi deux acteurs-orfèvres, capables selon lui de la plus belle et de la plus juste des impudeurs, bien loin de l’étalage factice et facile qui, dans nos sociétés-spectacles s’affiche trop souvent pour telle.
Agatha (1981) est publiée aux Editions de Minuit.