« C’était le mois de janvier, dans la capitale du carnaval comme ailleurs. La mélancolie des fêtes de fin d’année collait encore à la peau. L’heure des bilans n’est jamais
joyeuse pour l’humanité et des bonnes résolutions, il ne restait plus grand chose, sauf pour Kurt et Rita qui à 6 h du matin retournèrent à l’hôtel pour mettre à exécution leur
plan, pour cette année-là et toutes les autres. »
Dimitri Verhulst
Ils s’étaient trouvés. La vie les avait poussés l’un vers l’autre et inextricablement liés, noués, soudés, cimentés, scellés, rivetés l’un à l’autre. Seule une main de fer aurait
été capable de détruire ce lien. C’est clair. Ils nous font penser à ce poème africain, dans lequel les amants absolus forment un tout comme la salière et le poivrier,
indissociables et identiques, sauf au niveau des trous…
Avec Aalst/Alost, Pol Heyvaert (scénographe e.a. de Moeder en Kind, Mijn Blackie, White Star et metteur en scène et créateur de KUNG
FU avec The Best of et Discothèque) donne au théâtre une dimension documentaire peu banale.
À l’origine de cette pièce, un drame familial particulièrement sordide qui a défrayé la chronique en 1999 et a éveillé sa curiosité.
Ce spectacle est basé sur le procès qui a été intégralement filmé par les réalisateurs de l’émission Koppen (TV1) et d’autres documents d’archives, le tout doublé de textes de
Dimitri Verhulst.
Aalst/Alost est un bel exemple de faction theater : un spectacle théâtral où faits (propos et interviews reproduits au mot à mot) et fiction s’entremêlent.
Pol Heyvaert, Lies Pauwels (trilogie Moeder en Kind, Club Astrid, White Star) et Felix Van Groeningen (50CC et Steve + Sky) s’interrogent quant au pourquoi et comment d’un tel drame et en transposent la triste réalité dans un récit universel sans la moindre fioriture.