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7 secondes précédé de Si on s'écrase maintenant, on meurt
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Accoler deux textes aussi dissemblables dans leur forme ne se fait pas par hasard. Il y a une autre histoire à inventer. Un lien qui puisse continuer à travailler sur les thèmes de l’auteur sans le trahir.
La fiction secrète
Un homme rentre dans son appartement high-tech après une longue journée de travail. Il s’assoit dans son salon pour jouer à un jeu vidéo guerrier. Très vite, il s’ennuie. Il
essaie de se masturber. Il n’y parvient pas. Il boit un verre de whisky. Il se lève, branche une caméra et commence à parler face à elle. La parole finit par s’épuiser. Il reste
un moment dans le silence. Peut-être s’endort-il. Peut-être pas. Il allume la télévision ou peut-être croit-il l’allumer. Des voix sortent du poste. Des voix qui se mélangent
les unes avec les autres. Elles parlent de la guerre en Irak. Elles parlent d’un pilote de l’aviation américaine qui a bombardé par erreur des civils. Il n’y a pas d’image
associée.
Juste ces voix qui obsèdent et dérangent l’homme. Il se lève, parle aux voix de la télévision comme si elles étaient réelles. Il se vit dans la peau d’un producteur de
télévision. Il se plaint de ce qui lui est proposé. Dit que ce n’est pas très vendeur. Que cela manque de sang. D’émotion. Peu à peu, les mots s’assèchent dans sa bouche. Il est
fatigué. Il ne comprend plus ce qu’il fait là. Il voudrait juste un peu de silence. Juste un peu de silence. Et peut-être en finir...
Coproduction La Bâtie - Festival de Genève, Arsenic, Compagnie des Ombres
© Jérôme Richer