« ... Je n’ai pas de stratégie provocatrice. Si j’écris, c’est parce qu’un sujet m’émeut. Je ne pense pas alors au lecteur, je ne tiens pas compte par avance de son
éventuelle indignation. J’écris et j’attends ce qui va se passer. Je ne ressens pas non plus de malin plaisir à provoquer. Je suis quelqu’un d’extrêmement pacifique avec un
besoin d’harmonie presque excessif. »
Félix Mitterer
entretien avec Hubert Patterer et Gerhard Steiner, Kleine Zeitung 07.04.1991
« …Je veux montrer des êtres humains dans mes pièces : comment ils se portent, le mal qu’ils font à eux-mêmes et aux autres – et si ce n’est pas un être humain qui
là-haut, sur scène, touche et émeut les spectateurs, pour moi le théâtre, la littérature n’ont pas de sens... C’est peut-être pour cela que je suis devenu une espèce d’auteur
populaire, même si je ne sous-titrerais jamais un texte “théâtre populaire”, le terme étant trop galvaudé et trouble. Il ne m’intéresse pas : j’écris ce que
j’écris. Et il s’est avéré que j’écris pour un nombre relativement important de gens parce que pour moi, quand les gens regardent, ils ressentent quelque chose : ils ont
mal ou ils rient, ils se sentent provoqués ou je ne sais quoi, mais ils éprouvent des choses. »
Félix Mitterer
Extrait de la préface à Kein schöner Land ,Haymon Innsbruck 1987
Au sujet de Péchés mortels : ... Je veux éviter à tout prix l’index moralisateur qui désigne toujours tout le monde sauf soi-même, l’auteur disant aux
autres comment ils doivent se comporter. J’ai à l’évidence ces péchés en moi, comme tout le monde, il s’agit d’une recherche qui commence par moi-même. Il fallait donc que je
parte de notre époque et que je m’examine pour voir ce par quoi il était possible d’intéresser le public une nouvelle fois en parlant du péché. Car le péché en soi n’a
strictement aucun intérêt.
... Le péché en tant qu’acte contre soi-même ou son semblable, ça n’existe plus qu’au sein de l’Eglise qui s’efforce elle aussi d’être moderne et de ne plus utiliser ce type
de terminologie archaïque.
... Ce genre de monstruosités, il y en a eu et il y en a toujours, c’est l’homme qui est cynique, pas moi qui décris ces choses…
La désolidarisation, l’individualisation, l’isolement total et la solitude, voilà ce qui se fait jour, avec en contrepoint, la confession publique à la télévision assortie
d’un incroyable exhibitionnisme. J’ai effectivement cru quelque temps en un effet de guérison grâce à la multiplication de tous ces marginaux autorisés à se montrer, depuis que
la télévision privée existe, à montrer comment ils sont et les problèmes qu’ils ont, ce qu’ils aiment et ce qu’ils font. Je ne crois plus depuis longtemps que ces émissions
produisent un quelconque effet social positif. Je crois qu’on les jette en pâture au public. Je m’en fiche maintenant, mais quand même...
Félix Mitterer
Extraits d’entretiens publiés en Autriche aux éditions Hamon Verlag .Volume Matrerialien
« …il n’existe pas d’être mauvais, seulement des êtres malheureux. »
Felix Mitterer
préface à Kein schöner Land (Le plus beau pays)