Une sorte d’apocalypse, un espace troublant qui n'est plus habité que par deux personnages presque clownesques – au sens Beckettien du terme, à l’énergie inépuisable. Ils avancent, rêvent, jouent, inventent. Autour d'eux, un déluge d'eau s'abat et noie progressivement le paysage. Parfois un sentiment d’impuissance les arrête. Mais pour un moment seulement. Leur envie de se maintenir en surface reste la plus forte. Mais jusqu’à quand ?
« Tandis que les ténèbres croissent de plus en plus vite sur notre monde enfiévré, qu'autour de nous, on commet des actes sanguinaires et qu'on nourrit des pensées encore plus sanguinaires encore, que se propage une barbarie qui nous conduit inéluctablement à ce qui sera sans doute la plus grande et la plus horrible des guerres de tous les temps, il est difficile de prendre une position qui conviendrait plutôt à des gens se trouvant au seuil d'une époque nouvelle et meilleure. Tout n'indique-t-il pas que la nuit tombe ? Rien ne montre-t-il pas que commence une ère nouvelle ? Ne devons-nous donc pas prendre la position qui convient à des gens allant à la rencontre de la nuit ? » Brecht, 1939
Production : La Fabrique MC 11