A l’orée du récit, quatre jeunes gens sur un cargo, en route vers l’Est. Ils vont à Shanghai pour se donner la mort en se mangeant les yeux à l’instant précis de l’éclipse
totale du soleil qui dure 399 secondes …
Fabrice Melquiot compose par petites touches quinze figures d’une génération en les confrontant à la porosité d’une cloison qui mène de vie à trépas. Entre pulsion de survie et
pulsion de mort, des battements de vie trépidants et fragiles.
Fabrice Melquiot est un poète qui aime raconter des histoires. Voici le point de départ qui nous a guidés dans l’exploration de 399 secondes. Théâtre, récit ou poème
dramatique, c’est en tout cas une hybridation, une complexité heureuse.
Melquiot est traducteur de Federico Garcia Lorca qui fut le fondateur de la Barraca, magnifique utopie de théâtre visant à redonner à tous la possibilité de partager l’art
dramatique à son plus haut niveau. La force de son écriture réside, à mon sens, dans une limpidité exigeante. Tous les théâtres la nourrissent et il revendique le droit et le
devoir de raconter des histoires.
Après Incendies, de Wajdi Mouawad et avant Les Justes, d’Albert Camus, il s’agit dans mon parcours de metteur en scène, d’explorer la question de la fable ou du conte au théâtre qui n’était jusque là pas au centre de ma recherche. La question du rapport au public et de la frontalité qui s’y rattache est évidemment centrale.