Une coulée blanche centrale, qui délimite deux espaces, deux mondes, deux pays. Elle représente l’espace de la mémoire, l’espace de la rencontre, l’espace symbolique de la
Méditerranée, à la fois lieu-frontière que la colonisation cherche à gommer, et espace de l’immensité pour l’enfance repliée sur elle-même.
Deux mondes, le passé, le présent.
De part et d’autre de la coulée, un banc d’école, un escabeau. Autant d’apprentissages contradictoires, autant d’ascensions-descentes.
Et au centre du discours des enfants, les figures en creux d’adultes. Leurs silhouettes vides dans les enveloppes de leurs costumes. Leurs discours fragmentaires saisis à
travers mots d’enfants et accessoires de jeux : petits costumes de fêtes, drapeaux, étoiles et guirlandes, pistolets à eau, tout sort de la malle du passé, tout doit singer
le monde adulte, dès que c’est gratuit, la punition est là.