Après ses années de formation à l’école de Chaillot sous la direction d’Antoine Vitez, Sylvain Maurice renonce à devenir comédien pour se consacrer à la mise en scène. Après
avoir effectué plusieurs stages sous la direction de Daniel Mesguich, Bruno Bayen, Jean-Claude Fall, il devient l’assistant entre autres d’Agathe Alexis, Robert Cantarella,
Philippe Adrien et Jean-Pierre Vincent. Son premier spectacle remarqué, La Foi, l’amour, l’espérance d’Horvath, est pour lui l’occasion de créer sa propre compagnie,
L’Ultime & Co, en 1992. Avec celle-ci il explore le répertoire allemand de Horvath mais aussi Kaiser dont Kanzlist Krehler qu’il crée à Berlin en 2002. Sa mise en
scène de Thyeste de Sénèque l’impose comme un des artistes les plus intéressants de sa génération.
En 2003, il est nommé directeur du CDN Nouveau théâtre de Besançon où il réunit autour de lui une équipe avec laquelle il monte notamment L’Apprentissage de Lagarce
(2005), Les Sorcières de Roald Dahl (2007), Peer Gynt d’Ibsen (2008) et Richard III de Shakespeare (2009). Le travail de Sylvain Maurice repose
aussi sur des adaptations littéraires comme L’Adversaire, tiré du livre d’Emmanuel Carrère ou plus récemment La Chute de la maison Usher d’Edgar Allan Poe,
spectacle dans lequel la musique joue un rôle dramaturgique essentiel. Outre Peer Gynt, il a également interrogé les mythes fondateurs comme OEdipe (Sénèque)
ou encore Don Juan (Don Juan revient de guerre de Horvath), en les revisitant de manière radicale. En 2009, il initie un projet international,
Utopies, spectacle à trois voix avec le japonais Oriza Hirata, l’iranien Amir Reza Koohestani et lui même, qui connaîtra son prolongement en mai 2011,
Frontières/Borders, avec des artistes aussi divers que Rabih Mroué, Lina Saneh, Arne Sierens. Tant dans le monologue que dans la marionnette, il excelle à inventer
des formes où les arts visuels trouvent aussi toute leur place.
En créant Dealing with Clair de Martin Crimp pour la première fois en France, il s’attaque à un texte de 1988 qui n’a rien perdu de sa brûlante actualité. Mais ce qui
reste la marque de Sylvain Maurice dans une production déjà très riche, c’est sa fascination, en tant que metteur en scène, pour des personnages ambigus, étranges, frappés de
malédiction, de folie, de maladie ou attirés par le Mal, comme perdus dans un monde qu’ils ne comprennent plus. La quasi-totalité de ses créations poursuit cette quête de
manière obstinée.