Jean Lambert-wild commence son parcours artistique comme assistant de Michel Dubois, Jean-Yves Lazennec, Matthias Langhoff et Philippe Goyard. Il est scénographe des mises en scène
de Philippe Goyard : Vater Land de Wenzel en 1997, Combat de Nègre et de Chiens de B. M. Koltès en 1998. Parallèlement il monte ses propres projets comme
V versus W et Aquarium d'après Maison d'arrêt de Bond.
En 1999, son spectacle Splendeur et Lassitude du Capitaine Marion Déperrier - Épopée en deux Époques et une Rupture marque le début d’une longue collaboration avec Henri
Taquet et le Granit – scène nationale de Belfort. Il y est artiste associé de 2000 à 2006.
Pour développer son projet, il fonde avec le compositeur Jean-Luc Therminarias la Coopérative 326. Il en sera le directeur artistique jusqu’en 2006.
Depuis 2007, Jean Lambert-wild dirige la Comédie de Caen – Centre dramatique national de Normandie. Cette institution produit des spectacles au rayonnement national et
international, et accompagne des compagnies théâtrales indépendantes françaises et européennes. Jean Lambert-wild y développe des axes singuliers : un dispositif de recherche
et d’égarement, l’accueil en résidence de compositeurs associés, l’Astrolabe - un espace de la critique et du spectateur… Ces projets enrichissent et complètent les créations, mais
surtout inscrivent le théâtre dans la cité et font de la Comédie de Caen un lieu d’échanges et de débats.
Avec Grande Lessive de printemps en 1990, il ouvre la construction de son Hypogée, œuvre complexe qu’il écrit et dirige sur scène composée de trois confessions, trois
mélopées, trois épopées, deux exclusions, un dithyrambe et 326 Calentures. Il y constitue d’année en année une autobiographie fantasmée :
2010 La Mort d’Adam – Deuxième Mélopée (création au Festival d’Avignon)
2005 Mue – Première Mélopée (création au Festival d’Avignon)
2003 Crise de Nerfs – Parlez-moi d’amour – Deuxième Confession (Festival d’Avignon)
1999 Splendeur et Lassitude du Capitaine Marion Déperrier – Première Épopée
1990 Grande Lessive de printemps – Première Confession
Ses Calentures, petites formes performatives (de 15 à 45 minutes), questionnent l’espace théâtral. L’illusion et la magie y tiennent une place importante. Elles
sont les fureurs poétiques que traverse son clown en pyjama rayé.
2006 Faites-le taire !, Remember and don’t forget to play, Migraine, Mon Savoureux et Chantons sous la mort
2005 My story is not a loft (création au Festival d’Avignon)
2004 Mon corps à la patrie, tes cendres au Panthéon
2002 Ægri Somnia, Dédicace et Le Mur
2000 Aphtes
Jean Lambert-wild partage désormais ses Calentures avec un mime à l’identité étrange, l’acteur américain Jeremiah McDonald. Tous deux interrogent avec fureur et humour la question
du double.
Pour Jean Lambert-wild, le théâtre est par essence un art multi « médium », le lieu où les signes de toutes les disciplines peuvent s’exprimer et faire sens. Il constitue pour chacun de ses projets un phalanstère de création en convoquant autour de lui des identités fortes et diverses dont les rencontres improbables provoqueront le bouleversement des codes de narration et de représentations des disciplines représentées. Son Ecmnésie regroupe les confessions, mélopées et épopées de son Hypogée ainsi que ces projets d’envergure :
2010 Comment ai-je pu tenir là-dedans ? en collaboration avec l’illustrateur de bandes dessinées Stéphane Blanquet et l’artiste allemande Silke
Mansholt
2009 Le Recours aux forêts en collaboration avec le compositeur Jean-Luc Therminarias, le philosophe Michel Onfray, la chorégraphe Carolyn Carlson et le
réalisateur François Royet
2008 Le Malheur de Job en collaboration avec le compositeur Jean-Luc Therminarias, le slameur Dgiz et les jongleurs Jérôme Thomas et Martin
Schwietzke.
2006 Sade Songs en collaboration avec l’illustrateur de bandes dessinées Stéphane Blanquet et le compositeur Jean-Rémy Guédon
2002 Spaghetti’s Club en collaboration avec le compositeur Jean-Luc Therminarias, Florent Aladjan du Quatuor Hélios et le chanteur contemporain allemand
David Moss
2001 Orgia de Pier Paolo Pasolini en collaboration avec le compositeur Jean-Luc Therminarias et les enseignants-chercheurs Vincent Hilaire et Abder Koukam
de l’Université de Technologie de Belfort-Montbéliard
Ses origines créoles, ses nombreux voyages en Europe, en Afrique et en Amérique ont dessiné plusieurs de ses projets (résidences, étapes de travail, invitations à des festivals en
Norvège, en Islande, aux Etats-Unis, au Canada, au Brésil, en Allemagne ou en Bulgarie…). Il collabore avec des artistes européens et américains (Silke Mansholt, Jeremiah Mc Donald,
David Moss, Jacqueline Humbert, etc.).
Il développe un lien particulier avec l’Afrique en travaillant avec la comédienne Odile Sankara (accompagnement de la Caravanne Thomas Sankara, création de scènes nomades diffusées
dans plus de 10 pays africains, soutien d’artistes africains comme Fargass Assandé). Il constitue avec elle un répertoire à jouer partout :
2009 Ro-oua ou le peuple des rois
2007 À corps perdu
2004 Nous verrons bien (Opus 1 et 2)
Jean Lambert-wild place au cœur de son projet la mise en réseau de compétences artistiques, techniques ou scientifiques afin d’explorer de nouvelles perspectives théâtrales,
musicales, scénographiques ou poétiques. L’expérience artistique s’ouvre à la recherche scientifique par le biais des nouvelles technologies et de leurs applications possibles dans
le champ de l’Art. Il mène des recherches et des expérimentations avec des ingénieurs comme Léopold Frey, Emmanuel Maâ-Berriet ou Quentin Descourtis et des structures de recherche
comme le laboratoire SeT de l’Université de Belfort-Montbéliard ou le GMEM – Centre national de création musicale de Marseille. Il soutient le développement d’outils matériels et
logiciels pour la création contemporaine :
2000 Développement d’un logiciel d’intelligence artificielle pour la gestion des comportements des organismes virtuels du spectacle Orgia – Laboratoire
SeT, Université de Technologie de Belfort-Monbéliard
2002 Développement d’un logiciel d’intelligence artificielle pour la gestion de chorégraphies de robots réactifs à la voix pour la Calenture Tête à Tête -
Laboratoire SeT, Université de Technologie de Belfort-Monbéliard
2002 Utilisation du logiciel AAASeed d’Emmanuel Mâa-Berriet pour la Calenture Le Mur (mur d’images réactif aux chocs)
2004–2009 Développement du logiciel Entropie (synthèse, traitement, diffusion et spatialisation du son) – Léopold Frey
2005–2009 Développement du logiciel Voix électronique (traitement temps réel de la voix) – Léopold Frey
2005–2009 Développement du logiciel Luminaria (nouvelle conception de la régie lumière et de ses interactions) - Léopold Frey
2005–2009 Développement du logiciel Retes (réseau de régies numériques) – Léopold Frey
2006-2008 Réalisation d’un système de caméra en stéréoscopie et captation en 3Dimension du spectacle Le Malheur de Job - Quentin Descourtis
2009 Captation et projection d’images 3D pour le spectacle Le Recours aux forêts en 2009 – Quentin Descourtis, François Royet, Francis André.
Splendeur et Lassitude du Capitaine Marion Déperrier - Éditions Les Solitaires Intempestifs 1999
Crise de Nerfs - Parlez-moi d'amour - Éditions Les Solitaires Intempestifs 2003
Ægri Somnia - Éditions Les Solitaires Intempestifs 2003
Mue - Première Mélopée - un discours de Sereburã accompagné d’un rêve de Waëhipo junior et des mythes de la Communauté Xavante d’Etênhiritipa - Éditions Les Solitaires
Intempestifs 2005
Spectres de printemps – Collection Nervium 2009
Demain Le Théâtre – Éditions Les Solitaires Intempestifs 2009
Comme disait mon père suivi de Ma mère ne disait rien – Éditions Les Solitaires Intempestifs 2009
Phenomena - Cahiers de l'Espace, Espace Gantner
Se Tenir Debout - Éditions Les Solitaires Intempestifs
Drumlike – 326Music CD326001
Spaghetti’s Club « Le point de vue de Lewis Caroll » – 326Music CD326005
Spaghetti’s Club « La Conclusion » – 326Music CD326009
« Jean Lambert-wild – La scénographie high-tech », par Anne-Marie Lercher, Revue L’Œil, février 2002.
« Le Théâtre ? Une coopérative d’artistes », par Lucille Garbagnati, Revue Coulisses n° 25, janvier 2002.
« Al Dente », par Hervé Pons, Revue Mouvement, novembre 2002.
« Anges et chimères du virtuel », par Corinne Pencenat, Revue d’études esthétiques, janvier 2003.
« Vers un théâtre des interfaces », par Otto Sholtz, Revue d’études esthétiques, juin 2003.
« Le théâtre comme art de la dépossession », par Jean-Yves Lazennec, Revue d’études théâtrales, registre 8 décembre 2003.
L’art numérique, par Edmond Couchot et Norbert Hilaire, Éditions Flammarion 2003 (p. 104-105).
« Le réel, paradis perdu »), par Mari-Mai Corbel, Revue Mouvement, mars-avril 2004.
« Une techno-poétique », par Mari-Mai Corbel, Revue Coulisses n° 33, décembre 2004.
« Énergie du Grotesque – Crise de nerfs – Parlez-moi d’amour », par Mari-Mai Corbel, Revue Coulisses n° 30, mai 2004.
« Jean Lambert-wild », par Chantal Boiron, Revue UBU – Scènes d’Europe n° 32, juillet 2004.
« Un théâtre d’auteur – L’univers de Jean Lambert-wild », par Corinne Pencenat, Théâtre Public n° 174, juillet-septembre 2004.
« Environnements virtuels et nouvelles stratégies actantielles », par Valérie Morignat, in Études théâtrales n° 30/2004 - Arts de la scène, scène des arts. Vol.
III : "Formes hybrides : vers de nouvelles identités", textes réunis par Luc Boucris et Marcel Freydefont, avec la collaboration d'Anne Wibo. Actes du colloque des 4 et 5
décembre 2003, organisé par le Centre d'études du XXe siècle de l'Université Paul-Valéry (Montpellier III). Publication : École d’architecture de Nantes - Centre d’études
théâtrales de Louvain.
« Scientifiques de l’égarement », par Judith Martin, Alternatives théâtrales, juillet 2005.
« Théâtre et calamité – Avignon 2005, mise en scène et performance », par Patrice Pavis, Théâtre Public, mars 2006.
La mise en scène contemporaine, par Patrice Pavis, Éditions Armand Colin 2008.