Né à Bruxelles en 1959, Éric Durnez a étudié la mise en scène théâtrale à l'INSAS. Son parcours professionnel et artistique l'a conduit à travailler dans différents milieux sociaux et culturels. En 1987, il fonde une compagnie professionnelle "Le théâtre des conventions" avec laquelle il crée, entre autres spectacles, sa pièce Elie, elle couronnée en 1988 par le prix des "Théâtrales des trois Provinces" à Maubeuge. Après avoir été metteur en scène, comédien, dramaturge, journaliste et producteur radio, animateur et formateur, organisateur de concerts, coordinateur d'un festival de musique classique et chargé de cours au Conservatoire Royal de Mons, Éric Durnez vit dans le sud-ouest de la France depuis 1999 et se consacre principalement à l'écriture.
Son intense activité littéraire a donné naissance à une oeuvre très diversifiée qui se compose de romans, nouvelles, poèmes, pièces de théâtre et scénarios de cinéma. Avec Arthur et Joachim, il remporte le " Marathon du Scénario " organisé en 1989 par l'Association belge des auteurs de films et de télévision.
Abordant de nombreux genres et recherchant sans cesse de nouveaux styles, Éric Durnez est l'auteur d'une trentaine de pièces dont la plupart sont publiées aux Éditions Lansman : À plat (1994), Brousailles (1996), Échange clarinette (1998), Le début de l'après-midi, A, Cousu de fil noir, La douzième île (1999), Le paradis sur terre (2000), A fragmentation, La douce-amère, Le calme (2001), La maman du prince, Dix moi, Sokott (2002), Bamako (2003), Cabaret du bout du monde (2004), Sparadrap et Aspartame (2005),... toutes portées à la scène, radiodiffusées ou mises en lecture publique. Certaines d'entre elles ont été traduites et jouées dans des pays européens non francophones. Une partie importante de son travail d'auteur dramatique est destinée au jeune public.
Le spectacle réalisé à partir de son texte Échange clarinette s'est vu attribuer le prix du Ministère de la Communauté française avec mention spéciale pour la qualité de l'écriture et un "coup de foudre" de la presse aux Rencontres/sélections du Théâtre Jeune Public à Huy en 1998. Deux ans plus tard, aux mêmes rencontres, La maman du prince reçoit à son tour un "coup de foudre" de la presse. En 2002, c'est Renaldo et l'homme à la fleur qui se voit récompensé. Éric Durnez est lauréat 1999 du Prix du Théâtre (catégorie auteur) et de la SACD (création théâtrale) pour sa pièce A, et est nommé la même année au Prix OCE des arts de la scène. En 2002, La douce-amère est récompensée par l'Académie Royale des Lettres de Belgique et Bamako reçoit à Limoges le prix de la dramaturgie francophone décerné par la SACD.
Éric Durnez est encore membre fondateur et vice-président de l'association internationale "Écritures vagabondes" et prend part régulièrement à des résidences d'écriture. Il est aujourd'hui unanimement considéré comme l'un des auteurs les plus importants de sa génération en Communauté française de Belgique.
Pablo le peintre aurait dit :
je ne cherche pas, je trouve.
Je dis : je ne trouve pas, je cherche.
Malgré moi je trouve quelque chose, jamais ce que je cherche.
C’est évident : si je savais ce que je cherche, je l’aurais trouvé et n’aurais plus le désir de chercher.
Tout est désir.
Que faire de ce que je trouve et qui n’est pas ce que je cherche ?
Que faire avec ce qui est à côté, en retrait, ailleurs, inopiné, incongru, parfois inacceptable, objet de rejet?
Objet de rejet. Je croyais écrire ci, j’ai écrit ça. Ce ça qui m’a échappé m’intéresse davantage que ce ci que j’ai cru maîtriser. Ce ça me
fait peut-être entrevoir la lumière de ce que dit Pablo.
Depuis longtemps maintenant (disons longtemps à mon échelle d’humain), je bricole mon existence autour du projet d’écrire. Il s’agit de trouver des arrangements avec les
autres humains (disons la société), des compromis, des autorisations spéciales, des dérogations.
J’y arrive plus ou moins.
Mais tout de même, je passe beaucoup de temps à ne pas écrire pour avoir le droit de passer mon temps à écrire.
De toute façon, depuis que j’essaie d’être écrivain, j’ai désappris ce qui me permettrait d’être autre chose. Et ce n’est pas à plus de cinquante ans, n’est-ce pas…
La phrase suivante de ce petit texte est alambiquée et (alors que j’essaie de faire croire que je suis écrivain) je me sens soudain incompétent à la faire plus simple.
Pour perpétuer et non tuer mon désir d’écrire, je travaille à préserver en moi la faculté de jouir de la sensation de la première fois que je vis en écrivant, une sensation d’enfant.
Je suis un vieil enfant. Cela n’a pas que des avantages.
Mais ne nous plaignons pas.
Les écrits s’accumulent. Du fait de leur imperfection (disons du sentiment d’insatisfaction qu’ils me procurent), ils fouettent mon envie de m’y remettre, ils me confortent dans mon naïf espoir d’un jour approcher Pablo.
C’est ma vie.
Éric Durnez
Gaudonville, mars 2011