C’est sa rencontre avec Antoine Vitez, à l’école du Théâtre national de Chaillot, qui inscrit résolument Arthur Nauzyciel dans le monde du théâtre, lui dont la formation
universitaire aurait naturellement dû le conduire vers les arts plastiques et le cinéma. Devenu comédien, puis artiste associé au CDDB-Théâtre de Lorient, il y fonde sa propre
compagnie, Compagnie 41751/Arthur Nauzyciel, pour devenir metteur en scène et s’engager dans une aventure qui met en jeu des interrogations sur l’intime, la mémoire et la
transmission. Dès son premier spectacle, où il fait intervenir la fille de Molière dans la représentation du MALADE IMAGINAIRE OU LE SILENCE DE MOLIERE, il mêle le regard de
l’enfance à la mort qui rôde, affirmant une vision forte et dérangeante de l’oeuvre classique que nous croyons tous connaître. Ce déplacement des textes vers des territoires
où on ne les attend pas, marque tout le travail d’Arthur Nauzyciel, qui choisit d’ancrer son théâtre dans des ailleurs interdisant la simple reproduction d’un style ou d’une
technique et qui s’entoure pour chaque mise en scène de créateurs fidèles issus d’univers artistiques différents. En 2003, il crée OH LES BEAUX JOURS de Beckett avec l’actrice
argentine Marilù Marini. Un travail qu’il présente notamment à l’Odéon-Théâtre de l’Europe et au Théâtre San Martin à Buenos Aires. En 2004, sa mise en scène de PLACE DES
HEROS marque l’entrée de Thomas Bernhard au répertoire de la Comédie-Française.
Depuis 2001, il travaille régulièrement aux États-Unis, où il crée à Atlanta, successivement BLACK BATTLES WITH DOGS (repris à Chicago en 2004, dans les festivals d’Avignon et
d’Athènes en 2006, au CDN d’Orléans et au DeSingel à Anvers en 2009) et ROBERTO ZUCCO (2004), redonnant à ces deux oeuvres de Koltès traduites en anglais, une force, une
dangerosité et une violence nouvelles. Puis ce sera, à Boston, à l’American Repertory Theatre, où il crée ABIGAIL’S PARTY de Mike Leigh (2007) et JULIUS CAESAR de William
Shakespeare (2008) qu’il projette dans les années 60, celles du président Kennedy. Présenté pour la première fois en France en 2009, au CDN d’Orléans puis dans le cadre du
Festival d’Automne à Paris, ce JULIUS CAESAR créé avec une équipe d’acteurs américains et un trio de jazz, poursuit ses tournées en France comme à l’étranger, depuis deux
saisons.
C’est à Dublin qu’il crée en 2006, L’IMAGE de Samuel Beckett, pour l’ouverture du Beckett Centenary Festival. Créée avec le chorégraphe Damien Jalet et la comédienne Anne
Brochet, cette performance/installation conçue pour voyager et être recréée dans les pays où elle est invitée, a été présentée notamment à Reykjavik en 2007 puis à New York en
2008, avec l’actrice Lou Doillon. En France, elle a été reprise au CDN d’Orléans puis accueillie à la Ménagerie de verre dans le cadre du festival « Etrange
Cargo » en 2011.
En 2008, il crée au festival d’Avignon, ORDET (LA PAROLE) de Kaj Munk au Cloître des Carmes. Le spectacle est repris au théâtre du Rond-Point dans le cadre du Festival
d’Automne à Paris en 2009.
C’est avec la traduction d’ORDET (LA PAROLE) que débute une étroite collaboration artistique entre Arthur Nauzyciel et l’écrivaine Marie Darrieussecq. Auteure associée au CDN,
elle écrit pour lui sa première pièce, LE MUSEE DE LA MER, qu’il met en scène au Théâtre National d’Islande à Reykjavik en 2009. Elle accompagne le projet artistique du CDN
Orléans/Loiret/Centre qu’il dirige depuis 2007 en écrivant un Livre, recueil de textes, de photographies et de dessins, qui raconte les spectacles et l’esprit de chaque
saison.
En 2009, il est invité par Franco Quadri à diriger un travail avec de jeunes acteurs européens dans le cadre de l’École des Maîtres: il crée A DOLL’S HOUSE (UNE MAISON DE
POUPÉE) d’Ibsen. Le projet est présenté à Liège, Reims, Rome et Lisbonne.
En novembre 2011, il créera RED WATERS, le premier opéra composé par le duo Lady and Bird formé par la chanteuse Keren Ann et le musicien islandais Bardi Johannsson.
Il est lauréat de la Villa Médicis Hors les Murs.
Qu’elles soient nées à Orléans au sein du Centre Dramatique National qu’il dirige depuis 2007, ou à l’étranger, les créations d’Arthur Nauzyciel ne cessent d’oeuvrer pour un théâtre qui parle d’aujourd’hui sans jamais oublier les ombres du passé.