Les petites annonces
Spectacles, festivals, écritures
Jack Gelber
(dramaturge New Yorkais de la Beat Generation) disponible en français
Deux pièces jamais traduites ni publiées en France à ce jour :
The Connection- écrite en 1957, mise en scène et produite par le Living Theatre de Julian Beck et Judith Malina en 1959, présenta pour la première fois en public le thème de l'addiction à la dope en lien avec le Jazz à New York. Elle connut un retentissemnent mondiale, influença nombre de personnalités du théâtre dont le jeune Peter Brook. Elle marqua aussi l’histoire du Jazz par la présence de musiciens sur scène, grandes pointures jouant leur propre rôle de supposés junkies. Toutes les compositions originales sont très vite devenues cultes. The Connection fut l'objet d'un film avec les mêmes protagonistes, réalisé par une jeune réalisatrice (Shirley Clarke). Présenté à Cannes en 1961, il fit sensation et donna l'idée de créer pour ce type de film novateur, la Semaine de la Critique.
Cuban Thing- écrite en 1960, présente la Révolution Cubaine sous l’angle du quotidien d'une famille de la classe moyenne de La Havane. Comment ses membres vivent ces bouleversements avant, pendant et après, avec des accents tchékoviens. Partagés entre rejet du despote défenseur des intérêts américains -le sanguinaire Batista- espoir et engagement suscités par la Révolution naissante, et inévitables désillusions post-révolutionnaires. Cuban Thing est une comédie grinçante. Jack Gelberi séjourna sur l'île avec sa femme dans la période pré-révolutionnaire avant leur évacuation d'urgence vers ST Domingue à travers les champs de bataille. Il y exprime son empathie envers ce Peuple et sa cause, sans aucun manichéisme. Il souligne ses contradictions avec humour et attachement : notamment un goût certain pour la futilité (pouvant aller jusqu'à l'inconsistance), plaisirs sensuels, musique (Salsa), cigare...
Ces deux sujets engagés valurent à leur auteur reconnaissance et ennuis. Reconnaissance du public et des intellectuels et difficultés d'ordre professionnel, notamment avec la critique de ce pays restée fondamentalement conservatrice. Programmée à Broadway en 1968, Cuban Thing ne connut qu'une représentation unique, une bombe fumigène étant lancée dans les allées du théâtre le soir de sa Première, la pièce fut retirée de l’affiche dès le lendemain par son producteur au prétexte de sécurité envers publics et artistes. Provocation anti-castriste ou manipulation des autorités (?) on ne saura sans doute jamais. Le lanceur anonyme ne devait sans doute pas avoir lu la pièce ou se méfiait de ses qualité et intelligence. Cuban Thing est tout sauf une pièce militante et partisane. Mais Cuba est et reste sujet tabou aux USA notamment toute allusion explicite au rôle répressif des USA dans le processus, qui ne pouvait (peut?) que déplaire aux interventionnistes...
J'espère qu'éditeurs, metteurs-en-scène, directeurs de compagnie vont s’intéresser à ces pièces d'intérêt historique, s’en saisir, les produire, contribuant ainsi à les faire connaître, ainsi que leur auteur, à un large public (ils le méritent).
Traducteur et contact : Claude Henri Marron
Voici la situation approximative de l'annonceur